dimanche 26 juillet 2020

DIMANCHE DANS LES NUAGES...

Enfin un peu de fraicheur, quelques nuages, quelques gouttes d'eau aussi et la petite musique de la pluie sur la montagne assoiffée !.....
Le soleil joue a cache cache sur ce petit coin de Campagne......
et puis un grand calme......  les oiseaux même se taisent !
 l'heure de l'écoute !
j'en profite avec délice et relis ce poème de Han Shan......


Le Coeur comme un nuage

我向前溪照碧流
或向岩边坐盘石 
心似孤云无所依
悠悠世事何须觅

Je vais vers le torrent me contempler
dans le courant
ou du côté de la falaise m'asseoir
Sur un grand rocher plat

Le coeur comme un nuage solitaire,
sans attache.....
Les innombrables affaires du monde,
à quoi bon courir après ?

Calligraphie de Shi Bo - "sans aucune attache" 
Traduction du poème par Cheng Wing et Hervé Collet - Editions Moundarren - HAN SHAN - merveilleux le chemin de Han Shan.

lundi 20 juillet 2020

AU BORD DU CANAL DE BOURGOGNE : L’ECLUSE DE LA CHARME À SAINT VICTOR SUR OUCHE…….. EXPOSE MARION VALTEN.

C’est pour découvrir une belle exposition que nous avons serpenté dans la vallée de l’Ouche, le long du canal de Bourgogne,  et même un peu plus loin, une amie et moi …… 

Photos MSG@20 - Ecluse de St Victor sur Ouche : On peut s'y restaurer  sur réservation 
J’avais déjà admiré  quelques oeuvres de Marion Velten, artiste hyperréaliste, à Arnay le Duc, lors d’une exposition de photos animalières, et je dois dire que j’ai, une fois de plus , été émerveillée !

Marion Velten, possède une technique éblouissante quand au traitement des pelages et des plumages d’animaux sauvages. 
Pas de scènes violentes, de la douceur et l’élégante simplicité d’animaux  qu’elle a croisés sur son chemin…..
On a presque envie de les caresser ! 
cliquer sur les images pour les agrandir.
J’imagine assez bien l’énorme travail que ces rendus nécessitent….. 
J’ai lu qu’elle travaillait à l’acrylique, mais pas seulement. Elle expose aussi certains travaux sur carte à gratter.  

Je ne connais pas l’école lyonnaise Emile Cohl où elle a fait ses études, mais à coup sûr, on est aux antipodes de l’art conceptuel ! …et cette “bouffée d'air frais”  fait du bien !
Je m’inquiète juste un peu quant à l’usage qu’elle semble affectionner de  la peinture   acrylique car la conservation de ce médium n’est peut être pas super fiable, comme l’est la peinture à l’huile ou la tempera ! Mais je me trompe peut être et les fabricants, je l’espère, ont sûrement fait des progrès…..
La peinture acrylique est plus légère à manier, à l’instar de l’aquarelle  et de la gouache, tandis que l’huile,  elle, est certainement plus lourde à poser…… un peu “collante” ? Comme la tempera….. 
Ceci pourrait être un handicap pour parvenir à un tel “rendu” de la douceur du poil ou de la plume et du duvet des oiseaux……. 


J’ai eu l’occasion de photographier des loups naturalisés que ce soit au Val des Choues ou à Saulieu lors de l’exposition animalière de Vincent Munier (qui est un merveilleux photographe animalier)........
Deux Photo MSG  d'un loup naturalisé prises dans le musée de Saulieu. Ceux du musée de la chasse au Val des Choues sont splendides aussi qui entourent un cerf mais la scène, quoi que naturelle,  est cruelle, puisque c'est une meute qui attaque le grand cervidé.
Photo Msg@17

Peinture hyperréaliste de Marion.

Je dois reconnaitre que Marion rend parfaitement la douceur du poil de ces animaux ! 

En tout cas c’est une excellente coloriste   !
Son objectif : 
“C’est parce qu’il est différent de l’homme, mais sensible comme  lui, qu’elle cherche à montrer la vulnérabilité et “l’humanité” de l’animal “ !
C’est ainsi qu’elle donne au spectateur un regard de tendresse et nous propose avec “le respect de l’animal de l’accepter dans sa nature et de lui apporter de la  considération”.

Voir d’autres oeuvres de cette jeune artiste sur 

Un Sculpteur accompagne ces peintures avec des oeuvres  réalisées en métal, très  inventives, raffinées,  toutes en poésie et en mouvement. Il s’agit de Claude Rozet.
Toutes les Photos de cette page sont de Msg@20

samedi 27 juin 2020

VU A DIJON : DEUX OEUVRES DE GLORIA FRIEDMANN ……

Il est. loin le temps où Dijon remportait brillamment ses galons de  ville verte !…… L’époque ou naissait l’écologie dont Robert Poujade, (maire de la ville)  fut le premier ministre ! 
Il est loin et je le regrette !
Aujourd’hui, dans le centre historique de Dijon, l’été,  c’est la fournaise…… clean, un peu trop clean !….. 
Pas la moindre petite fleur et pour ce qui est des arbres, squares et parc mis à part, c’est “niet” !  On cherche l’ombre des immeubles…… 

 Tout le monde le déplore…. de la très belle pierre,  mais si peu mise en valeur par cette absence obstinée de  verdure  ! Bref, pour ma part, j’y respire mal ! L’atmosphère y est étouffante ! Quel dommage ! 

Je suis allée à la rencontre des  oeuvres de Gloria Friedmann qui trônent dans le centre ville : l’une  … Place François Rude (anciennement “place du Bareuzai” !), l'autre  Place Grangier !
Cliquez sur les photos pour les agrandire


Si celle de Grangier (ci-dessus) m’a intéressée, je dois avouer que je n’ai   été ni  attirée ni séduite …… par la seconde !
 Je dirais même qu’au premier coup d’oeil,  j’ai ressenti une froideur et une rigidité qui ont engendré chez moi une totale indifférence et aucune émotion !
Mon esprit au premier abord l’a traduite ainsi :
“La nature proie du cerveau humain…….”  
Je n’y vis  pas d’aspect ludique. ni l'amour de la nature, ni la politesse maniérée des topiaires  Baroques ! Je la trouvai inquiétante ! Une sorte de vampirisation…….


Evidement je me suis  posé des questions ! S’agirait-il de la captation de la nature  par l’humain? D’une transposition ? 
Avant de lire la plaque qui est posée à ses pieds,  je l’ai ressentie comme  un rapt, une “main mise” sur l”environnement, une sorte d’assujettissement barbare, de capture  ! Le tronc qui, habituellement  transmet la sève est desséché,  écorcé, la verdure métallique qui l’entoure est froide et rigide… aucune vibration visuelle ou sonore ne s’en échappe…… brrrrrr ! Où voit-on  une part de rêve ?
Voici la plaque à ses pieds : hélas, après lecture, elle  ne m’a pas convaincue….. elle  propose une thématique certes, mais  je ne la ressens  pas !  
Leafy Head - Gloria Friedmann

Cet arbre desséché, sans seve, mis “en cage” dans un "crâne humanoïde et rigide"……. tout comme on met les oiseaux dans une volière……. Représente, avec son "enveloppe"  une prouesse technique, certes, mais j’ai le sentiment "de visu" qu’il est  vampirisé !
D’ailleurs les passants ne s’arrêtent même pas pour le regarder…… !
J’ai bien compris que la sculptrice l’a "humanisé"…… c'est  “une” arbre  en quelques sortes….!
Le titre : "arbre anthropomorphe" 
Certes, mais  j’en reste là !
Alors que pour la seconde sculpture, “l’horloge”, il n’y a qu’à observer le public qui s’en approche : on reste autour….. on l’interroge, on la regarde sous tous ses angles…… on s’y assoit……. bref on se l'approprie ! C'est là qu'est la réussite !
Photos MSG@2020 


Il y a des raisonnantes esthétiques, des vibrations positives, des oppositions de volumes, de matières……entre l’objet et  l’environnement immédiat ! Il y a surtout un arbre, un vrai, qui “humanise” le propos !
J’ai eu la chance de   découvrir cette oeuvre dans une belle lumière : c’est primordial, la lumière pour appréhender la sculpture ! 

Pour ce qui est donc de ce sujet, je n’ai pas eu la même approche  car  il s’inscrit bien dans cette sorte de “pont de bateau” bétonné qu’est la place Grangier….. humanisant un peu le tissu urbain. Voyez plutôt ! Pas besoin de commentaires……
la place Grangier - et son parking souterrain ressemble à un pont de bateau bétonné......
 Les horloges qui  sont insérées dans le globe indiquent que Dijon est en phase avec la planète ! Pourquoi pas ! 
Je l’ai trouvé assez ludique ! Et j’ai souri en constatant que ces horloges, elles  étaient encore à l’heure d’hiver pour ce qui est, du moins,  de notre fuseau horaire……! Car enfin, nous sommes dans le même fuseau en France et à Munchen !…… Munich ne passerait-elle pas , comme nous, à l'heure d'été ?  Je n’ai pas comparé avec  les autres grandes ville du globe……..
Avec un portable ce doit être facile :  à vous de vous amuser à le faire !…. C’est une sorte de casse tête qui peut intéresser des collégiens comme les adultes ! …et cela vous donnera l’occasion de rencontrer l’oeuvre ! 
Tout cela me laisse bien perplexe, mais quand on s’expose, il faut s’attendre à quelques réactions de la part du public, et ce sont les miennes  ! 

dimanche 7 juin 2020

A L'OCCASION DE LA FÊTE DES MERES

Quelle belle occasion que la fête des mères, pour mentionner le très célèbre poème de Meng Jiao que j'étudie en ce moment.....
Chant d’un voyageur 
Meng Jiao (751 – 814) 
Bien qu'il fut très prolifique en écriture, ce poète discret et probe n'a pas eu de son vivant les honneurs ni la reconnaissance brillante de certains de ses collègues. A cela différentes raisons, sociales, historiques et personnelles que vous trouverez en consultant la toile.


ci dessus, mes humbles travaux.........
 Ces vers, les voici, dans la traduction de Shi Bo :
遊子吟-孟郊 781/814
慈母手中線
遊子身上衣
臨行密密縫
意恐遲遲歸
誰言寸草心
報得三春暉

"La  tendre mère manie un fil
Elle coud un vêtement pour son fils voyageur
Point par point elle serre l’aiguille avec vigueur
En prévision de sa longue absence
Qui dira que l’herbe est trop minuscule pour garder
un grand amour dans son cœur ? 
Il peut récompenser le soleil avec un printemps radieux"

Je pense  qu'il est extrêmement difficile de le traduire de manière satisfaisante et laisse cela aux spécialistes ! . Mais rien ne vous empêche cependant d'essayer !
Pour ma part, je me contente "d'exercer mon pinceau" ce qui est déjà une gageure et nécessite pas mal d'entraînement pour arriver à un certain " lâcher prise" ! ......restons modeste !
Je trouve ce poème particulièrement rare, par son thème et par l'émotion qu'il suscite ! Et vous, qu'en pensez vous ? 
Chers lecteurs familiarisés à la poesie antique chinoise, je suis sure que vous serez de mon avis ! car rares sont les occasions ou l'amour maternel est ainsi évoqué dans les innombrables poèmes de l'Ancienne Chine.


Quant à ces vers je les  dédie, ce jour,  avec "mes belles pivoines", à ma fille et par elle à la tendresse désintéressée de toutes les mamans !


dimanche 31 mai 2020

REFLEXION POETIQUE AU 18ÈME SIECLE

Au jardin de la poésie chinoise, bien sûre, il y a un âge d’or (je ne vous apprend rien) : celui des poètes Tang dont on trouve de multiples traductions, que ce soit par les livres ou par internet ! 
Mais je trouve que c’est un peu au détriment des autres époques …….
Vous me direz qu’en Chine, ce doit être pareil ! 
On y traduit Baudelaire, mais connait-on Ronsard ? 
Le sujet est si vaste qu’il reste bien souvent "chasse gardée" de quelques érudits ou spécialistes, ou encore de chanceux universitaires !
Bref pour un autodidacte c’est pas facile ! Personnellement, j’en fais l’expérience depuis plus de 10 ans ! …mais je suis opiniâtre ! 
Je commence à avoir une petite bibliothèque assez variée! J’ai pu l’acquérir  lors de mes voyages à Paris ou encore par le net ! Merci le net !
Parmi les propositions littéraires faites aujourd’hui aux gens de ma sorte, les éditions Mounddaren sont en bonne place, qui proposent pas mal de choses asiatiques de différentes époques sous une forme d’autant plus attractive qu’ils  sont bilingues. Et ça, c'est un plus !
Je me suis penchée ces jours derniers sur l’oeuvre d’un poète de l’époque Qing et je me suis bien régalée……. Il s’agit de Yuan Mei : “Les plaisirs de la Villa Sui” - Règne de Qian Long (18e siècle)-
Ce fut un beau “voyage” dans le temps et dans sa poésie !
J’aime beaucoup son état d’esprit, son exigence de liberté, son indépendance de pensée…. Son amour des textes. Brillant, il le fut, mais surtout il faisait preuve d’une grande clarté de jugement, faisant fi de la  lourdeur des règles qui régissaient la société de l’époque et restant Han, envers et contre les institutions et la culture Mandchoue qui alors était imposée.
Il abandonne assez vite la carrière administrative qu’il trouve peu attractive pour s’adonner à ses seul plaisirs : la poésie, les voyages, et à ses activités  culturelles où il excelle.
Il aménage sa villa dans cette perspective tout en  ne dédaignant pas, hôte attentionné,  la qualité de sa cuisine . Il en tirera même un livre ! tout comme Su Shi ! Il devient aussi son propre éditeur.
A Nanjing, où il est  installé, il reçoit tout ce qui “compte” parmi les lettrés de passage, faisant  montre là encore d’une belle indépendance. 
Son “ouverture” à la culture des femmes m’a séduite ! Défiant les règles confucianistes  en cours à ‘époque, Il acceptait de les former à la poésie ce qui lui valut certains sarcasmes.
知心能 相聚  喝水也心甜
Avec les vrais amis, même l’eau que l’on boit
Ensemble est particulièrement délectable.

Sorte de “globe trotter,” il sillonne les grands territoires de son pays du nord au sud et de l’est à l’ouest. Il “gravit” les monts sacrés avec l’un de ses fidèles serviteurs jusqu’à un âge avancé ! Un poeme exprime son désagrément dans les nuages des Han Shan.....
Quelle belle leçon !.... et il ne cesse jamais de relater tout cela. 

Je terminerai par la citation de deux de ses poèmes -traduits par Chen Wing Fun et Hervé Collet - qui évoquent la persistance de la mémoire et l’amour des belles lettres ! 
Arrivés à “un autre âge” , on a toujours l’occasion de “revivre” ses émotions passées, et il le prouve :
 Exprimant mes sentiments
Jeune j’aimais les livres
J’examinais méticuleusement chaque phrase
Si, décrépit, j’aime toujours les livres,
C’est plus pour me distraire et en saisir le sens général 
même si ce que je viens de lire aussitôt je l’oublie,
Tout ce qui a défilé devant mes yeux est devenu une partie de moi-même
Le goût des livres est au fond de ma poitrine,
Plus suave que celui d’un vin vieux. 

 Me Sentant comblé
Pourquoi dire que le temps passé ne revient pas ?
Sentiments et scènes de ma jeunesse sont sertis dans mes poèmes
La lueur d’une lampe, la couleur d’un vin, le rêve d’une nuit printanière,
A mesure que je fredonne, mes poèmes se raniment.....


(ed Mounddaren  - “Divers plaisirs à la Villa Sui”
a lire absolument !

samedi 16 mai 2020

HIRONDELLES : DES. NOUVELLES


Premier nid : papa ramène les vivres...
Second nid,  maman hirondelle est à la couvaison........

Et comme dirait Bai Juyi :
"Pourquoi chercher l'espace à l'extérieur
Le vrai espace est dans ton coeur !"


vendredi 1 mai 2020

PETIT À PETIT..... L'OISEAU FAIT SON NID......

C'est le Premier Mai...... pas de brin de muguet !
En mai, on souhaite de la chance et du bonheur......
...mais aussi,
"en Mai, fais ce qu'il te plait !"
Je suis donc partie faire mon petit tour dans la nature toute proche........
dans le lointain, le coucou chantait !
布谷鸟
bù           gǔ        niǎo
 ou encore......bù gǔ en traditionnelle


c'était bien agréable et bien que le ciel fut gris,
comme lui
la nature semblait toute  en fête !



Les hirondelles traçaient des ronds dans le ciel,
et sous le toit,
deux d'entre elles bâtissaient leur nid pour y élever leurs petit !
Les mêmes nids deux jours après......
Je suis repassée aujourd'hui...... l'architecture avait évolué sensiblement !

On distingue par leur couleur plus claire les booulettes de terre recement ajoutées.
Pendant que je prenais ces dernières photos, les oiseaux méfiants firent plusieurs passages mais ne se posèrent pas pour ne pas attirer l'attention !
et trois  jours plus tard....
yān wō  燕 窩 
Nid d'hirondelle