dimanche 7 janvier 2018

LE JUSTICIER DE L'AIGLE MYTHIQUE - ROMAN DE JIN YONG.

Yang Guo, le héros, se tire d'un mauvais pas.......
 3000 pages halletantes......
C’est un roman pour le grand public. Surtout prenez le comme tel, car, comme l’explique l’auteur en fin d’ouvrage, il n’y a pas la volonté de retracer quoi que ce soit d’historique.... 

L’histoire se passe  en grande partie dans les contrées  centrales  de la Chine. Elle se deroule  à l’époque Song. La menace des Mongoles , qui envahissent et occupent le terrain bien decidés à annexer l’empire, est bien presente tout au long de l’histoire. Mais les héros principaux sont surtout des “preux”  chinois. Evidement il y est question d’armée Mongole, de Kubilai, de Xian Yang aussi, mais c’est tout. Même si l’auteur, érudit, et cinéaste, vivant à Hong Kong, nous cite des événements ou des personnages réels, ce n’est que de la fiction. 
Les adeptes d’arts martiaux seront cependant heureux car “ça voltige” à toutes les pages ! .

L'un des 4 tomes....
 Il ne fait pas de doute que l’auteur doit être un adepte des arts martiaux, ou tout au moins un passionné du Kongfu !  Les personnages sont attachants...... une intrigue amoureuse assez "soft", sous tend l'histoire (l'amour de Yang Guo pour son shifu, la Petite Long, mais aucune trace d'érotisme. Le sujet n'est pas là)
Mis à part  tous les combats et écoles diverses qui sont citées voir décrits en action, j'ai découvert dans ce roman des tas d'expressions chinoises "très imagées" ! Je regrette  que l'éditeur  ne les ai pas mises  en caractères chinois ! (comme il l’a si bien fait pour l'édition des six volumes du roman "L'Epopée des trois royaumes". cela eut été intéressant* et  pédagogique Un apport supplementaire pour le passage de  la culture, de la langue et pour la connaissance des "us et coutumes" de l'époque Song.
J'ai du chercher aussi les équivalents métriques des mesures chinoises telles que le zhang1 , le yin1, le  li3 etc......) dont il est question tout au long du roman. c’est une chose indispensable pour comprendre la portée des coups........




Les quatre tomes sont illustrés. 

Une chance pour le lecteur, à l’inverse du roman des trois royaumes, où les protagonistes ont plusieurs noms chacun (ce qui nécessite une certaine  gymnastique cérébrale pour s’y retrouver) ici,  chaque personnage a un à deux noms. En fin de volume, ils sont répertoriés, ce qui peut rendre service, si toutefois on se perd un peu !

*Quelques exemples de ces  termes spécifiquement chinois pris au hasard des pages  :
“Jeune génération’ a appris son origine” : forme de politesse pour désigner Le personnage lui-même.
“dois je rejoindre Tante ou aller tout droit percer le temple de Chong Yang pour invectiver  la secte , comme on ouvre la porte pour regarder la montagne : expression signifiant “aller droit au but”.

“Le vieux ciel a fermé les yeux : signifie “c’est injuste”

“Ses filles qui sont à ses cotés, entendent leur conversation mais ne parviennent à toucher leur crâne”  signifie Ne comprennent rien
Aux éditions You Feng.

mardi 2 janvier 2018

EN ATTENDANT LE 15 FEVRIER..... C'EST LA TEMPÊTE !


Photo MSG non libre de droits
 Chers lecteurs, ne soyez pas surpris...... si sur ce blog, dédié en 
grande partie à la culture Chinoise,
j'attends la date voulue pour vous souhaiter la nouvelle année !
Sinon, rendez vous sur 
truffeetcompagnie ! Lien ci-joint  -->>>
Célébrons donc la tempête qui a eu lieu sur nos côtes......par cette petite calligraphie personnelle.....

Mon Ermitage
 fût, lui, d'un silence extrême !
Mais si j'avais étée au bord de l'océan, une chose est sûre, c'est que je serais allée humer les embruns et écouter les rugissements du vent et des vagues...... j'aime ce grand "Opéra" de la mer !
Ci dessus, des photos et calligraphies de Madina, et cette citation : 
"écouter le bruit des vagues hors le ciel"

聽 天 外 涛 聲
tīng   tiān   wài    tāo   shēng

dimanche 24 décembre 2017

CHERS VISITEURS : JOYEUX NOËL !

聖 誕 快 樂
Shèng  diàn  Kuai  lè


Calli de Ma di na

Chers visiteurs, je vous souhaite de joyeuses fêtes de Noel, 
en attendant le nouvel An Chinois qui aura lieu de 15 février prochain.
J'espère que vous trouverez dans cette belle soirée de multiples raisons d'êtres joyeux tout en rendant les  autres heureux !

jeudi 14 décembre 2017

JEAN FRANÇOIS BILLETER : "ARRETER D'ÊTRE DANS LE CHAOS"

J'ai un grand respect pour ce grand sinologue, et ceci depuis quelques années déjà !
Mes amis calligraphes connaissent ses oeuvres, et particulièrement son magnifique ouvrage paru chez Skira : 
L'auteur nous dit qu'il n'est pas calligraphe, mais qu'on lui a imposé, en Suisse,  l'apprentissage de la calligraphie et que sans cela, il n'aurait pas pu faire cet ouvrage. 
"à partir de là, je cite,  j’ai compris que l'art de la calligraphie  qui était un art des lettrés, était un art  central . "La belle écriture" avait une fonction essentielle dans le régime : celui de l'unification des ethnies qui constituaient l'Empire. C’est l'écriture qui a rempli cette fonction civilisatrice. il fallait un élément sûr de communication, l'écriture, pour que tout le pays qui utilisait différentes langues puisse s’unifier......"

Hors il se trouve qu'une amie m'a envoyé un message  concernant le passage de ce sinologue dans  l'émission "l'heure bleue", sur France- Inter .
Je l'ai écoutée et je vous en donne les coordonnées afin, si ce n'est déjà fait, que vous puissiez y accéder vous aussi  :
interwiew de J F Billeter

Il y est question,  des études de J. F. Billeter, à Pekin,   de la rencontre avec sa femme, Wen, mais aussi dans le second  livre, de son rapport à la vie depuis la mort de celle-ci en 2012 . Les titres :
"Une rencontre à Pekin"
et 
"Une autre Aurelia." (éditions Ellia)
Pour ce qui est du premier livre, il raconte comment,   dans les années 60, il se rendit à Pékin pour apprendre le chinois.  La capitale d'alors n'avait rien à voir avec celle d'aujourd'hui. De sa chambre, dit il,  il pouvait voir les champs, comme on les a peint jadis....... 
" le bâti architectural, la nourriture, tout ça était une Chine immémoriale..... c'était une Chine révolutionnaire aussi" .
Jeune étudiant occidental, soumis à un contrôle extrême, (pas question d'avoir des rapports amicaux avec les étudiants), ce fut pour lui un véritable "parcours du combattant" pour arriver à épouser Wen pour qui il eut le coup de foudre, et pour cause : il lui était interdit de la rencontrer......
Si j'ai bien compris,  jeune étudiant terriblement "encadré", isolé même (les occidentaux étaient rares à l'époque à Pékin et le pays  très pauvre), son parcours pour l'épouser  fut pire que celui que nous raconte Fabienne Verdier, dans "passagère du silence". 

Wen : l'épouse de JF Billeter, décédée en 2012
au sujet de ce livre j'ai noté ces quelques paroles de l'auteur :
"Quand je l'ai vue pour le première fois, regard, connivence, ignorance de ce qui nous attendait, véritable coup de dé pour le futur.......

"......les choses se sont passée grâce à l’amour - coup de foudre amoureux, un mouvement de bascule émotionnel et intellectuel. Nous avons   été très vite mis au pied du mur : il fallait se marier ou se quitter ! Un véritable "coup de dé" pour le futur....... c'était un pari fou"
Ce fut un "pari fou". Pendant un an et demi, dit il, ils n'ont pas pu se voir du tout. Ils durent passer par une "entremetteuse"(la soeur) afin de pouvoir communiquer..... mais je n'en dis pas plus..... à vous de le decouvrir !
Pour ce qui est du second livre, "une autre Aurelia", écrit après la mort de Wen,  disparue en 2012, il s'agit d'un tout autre contenu :

".... J’ai toujours pris des notes, nous dit l'auteur, et ce livre était la suite d’une habitude. A partir de sa mort j’ai écrit des notes et j’ai pensé qu’elles pourraient servir à d’autres... le mot de deuil est un mot "triste". Je montre que cette expérience  est aussi une expérience de joie, car la joie, elle, existe Le mot solitude n’est pas un mot clé ! la présence persiste et c’est une présence modifiée.....  la présence est forte. elle est apparentée à sa présence avant.  "
"Ce livre, c’est un approfondissement de la connaissance de soi qui vaut pour les gens qui vivent avec un époux aimé (même disparu).  J’éclaire les phénomènes de la mémoire et de la présence"
“quand on vit ensemble on a deux corps.... depuis sa mort,  je ne suis plus un être double”........

jeudi 30 novembre 2017

"HAS BEEN" - PETER SCHUYFF AU CONSORTIUM DE DIJON


L’expo a lieu au "Consortium" :  centre d'art contemporain à Dijon.
37 rue de Longvic à Dijon
Tel 03 80 68 45 55

l’artiste est né à Baarn, au Pays Bas en 1958.
Les effets de transparence sont donnés par des jus de couleur qui se superposent


Quatre exposants, mais c'est celui-ci qui  m’a particulièrement intéressée...........
Par contre, la plupart de ses oeuvres portent le titre d’Untitled !
Sur le document distribué pour la visite  je lis que les oeuvres de Peter SCHUYFF  datent de son séjour à New York.
Cette toile de grande taille semble irradier la lumière. Pourtant elle est peinte à l'acrylique.

Réalisées  en pleine période POP, entre 1983 et 1988, elles étaient restées, je cite, “loin des yeux du public, leurs reproductions ne circulant quasiment plus”.
C’est la  raison pour laquelle  je vais vous montrer quelques unes d'entre elles que j’ai photographiées. Cela vous incitera sûrement à vous déplacer !
 Elles vont vous rappeler divers artistes, notamment ceux de la période de l’art cinétique et de l’art optique. (Op’art) et pourtant, rien à voir......
Il est important de signaler que ce sont des oeuvres entièrement peintes à l’acrylique. Elles ne sont pas sans nous faire penser à V. Vasarely, mais je leur trouve une sensibilité qui dépasse l’ordre mathématique, (si cher aux découvreurs des nouvelles technologies naissantes des années 70). 
Ces peintures  sont toutes empreintes de subtilité et de délicatesse ! Les effets d’optique sont là certes, mais poétiques et envoutants. L’artiste  vous transporte au delà du réel.
Grands formats sur toiles d’environ 2m x 3 et plus.
Merci a ce monsieur qui m'a donné la permission de le photographier. Cela nous donne l'échelle de l'oeuvre, plus petite que celle du dessus !

détail du tableau - Enorme travail réalisé avec des "jus" de couleur.
Je me demande si ce monsieur voit encore clair lorsqu'il s'arrête...... s'il pose des caches...... s'il voit en fermant les yeux la complémentaire ?????????


On dirait que des feuilles de papier crystal ont été collées, créant des transparences
il n'en est rien : seulement des jus de peinture acrylique.

J’ai pensé aussi au papier cristal qu’adorent utiliser mes petites filles, devant certains effets de transparence tout à fait judicieux...... mais qui, là encore sont des "trompe-l’oeil". Sur d’autres toiles  on a tout à fait l’impression que des spots lumineux éclairent la toile.
Ce qui donne une grande sensibilité à l’ensemble de ces oeuvres,  qui donc, dans leurr approche de la géométrie,  pourraient être froides. C’est le traitement de surface qui vibre grâce à  la présence visible des coups de brosse.

Ici : je vous propose quelques "trompe l’oeil", parfaitement plans et réalisés eux aussi à la peinture acrylique. Ils  font penser à des sculptures de bois, par l’effet de leur modelé et de leur  finition. Ces toiles datent de 1983 et sont dites “biomorphiques”. Elles ne sont pas sans humour !
Une des oeuvres biomorphiques. 

Dans l’entrée qui mène aux salles qui lui sont consacrées, des oeuvres plus récentes font preuve d’un humour assez particulier ! 
Photos MSG non libres de droit.
Ci dessus, ce sont des troncs d’arbre sculptés qui tous portent comme titre un prénom féminin , sauf un, Ellyott. Elles datent de 2016. Elles représentent des formes organiques “cartooonesques” qui s’invitent en écho tridimensionnel aux peinture “biomorphiques".

l’artiste est né à Baarn, au Pays Bas en 1958.

lundi 6 novembre 2017

LE GUETTEUR - RETOUCHE OU NON RETOUCHE ?

Perception de l'image.
Voici une photo que j'ai prise recemment. J'ai été intriguée par ce chat posé là, sur un lieu stratégique d'où il pouvait tout guetter, en se sentant  sécurisé par son arrière plan. Et quel arrière plan !
Et puis, arrivée à la maison, je trouvais ce câble fort disgracieux et je l'ai fait disparaitre....... oui, mais voilà ! Cela a complètement changé le sens de ma photo.....
PHOTO MSG - l'image originale - 
attention, la définition des images de ce post est volontairement faible en pixels.
Sur cette photo, l' élément  plastique du câble  perturbe  la lecture  de l'image : il "pollue" l'esthétique tout en préservant le thème de la scène : Le guetteur. 
(cliquer sur l'image pour  la voir dans son entier)

MSG - L'image une fois  retouchée.
Mais cette photo une fois retouchée (câble effacé) change de sens : l'arbre parait beaucoup plus grand et devient sujet principal : on a même de la  peine à
distinguer l'animal adossé à son pied.
C'est pourtant lui qui m'a incitée à appuyer sur le déclencheur !
Et vous, qu'en pensez vous ?

mercredi 1 novembre 2017

LE CHRYSANTHEME EST UNE FLEUR DE LONGÉVITÉ.........LES CONTEMPLER , MAIS PAS SEULEMENT......


Puisque la fête du double neuf vient juste d’avoir lieu (28/10/17), et que les chrysanthèmes sont à l’honneur , j’ai pensé que c’était l’occasion  d’accompagner par quelques photos de ces fleurs somptueuses, si prisée des chinois, le poème de  Tao Yuanming (365/427)

飲酒詩
En buvant du vin.



秋菊有佳色,裛露掇其英。
泛此忘忧物,远我遗世情。
一觞虽独尽,杯尽壶自倾。
日入群动息,归鸟趋林鸣。
啸傲东轩下,聊复得此生。

Tao Yuan Ming 陶淵明

 En buvant du vin
En automne les chrysanthèmes ont des couleurs ravissantes
Je cueille les fleurs imprégnées de rosée,
Et m'abandonne à la chose* qui chasse les soucis
S'estompe même ma sensation d'avoir quitté le monde
Une coupe, seul je bois
La coupe se vide, je verse le vin du pichet
le soleil se couche, l'agitation cesse
De retour dans la forêt les oiseaux chantent
à l'aise je siffle dans la véranda de l'est,
content de jouir du plaisir de la vie.
    *la chose : il s'agit de vin de chrysanthème.
POUR PROFITER DES FLEURS, CLIQUER SUR LES PHOTOS !

TRADUCTION donnée par Moundarren éditeur sous le titre 
Tao Yuan Ming, l'homme, la terre, le ciel.
Cette ligne d'édition est  précieuse et riche en diversité en ce qui concerne la poésie chinoise,  et surtout, elle a l'avantage d'être bilingue ! Merci aux traducteurs Cheng Wing fun et Hervé Collet. 

photos MSG.