samedi 6 février 2016

BONNE ANNÉE DU SINGE ET JOYEUSES FÊTES DE PRINTEMPS !

 Je vous souhaite de joyeuses et sereines fêtes de Printemps ! 
Cette année est celle du singe.   
Le caractère singe

C'est l'occasion de se souvenir, ou de découvrir, que le rhinopithèque doré du Yunnan (singe au nez retroussé), une espèce de singe vivant presque exclusivement en Chine , est menacée.  Elle est considérée, comme le grand panda, comme un trésor national.
Cet animal a une somptueuse fourrure, mais aussi de fort jolies dents ! Il ne fait peut être pas très bon de l'approcher de trop près. Son pelage est magnifiquement coloré, et il possède des lèvres pulpeuses  surmontées d'un curieux nez !
Ces animaux extraordinaires vivent  dans la région difficile d'accès  de Diqing, dans la province du Yunnan.
Serait-ce ce genre d'animal que j'aurais photographié dans la maison Wang, dans le Shaanxi ?
Sur un escalier de cette magnifique demeure, qui avait plus l'allure d'une ville que d'une habitation, figuraient les signes du zodiac, polis par les mains des visiteurs de passage.
Cet animal tient une place non négligeable dans la littérature chinoise. (Le voyage d'occident - Le singe pélerin etc.....)
la guenon porte son petit sur son dos.

Cet escalier conduisait à une terrasse. Sans doute devait on y célébrer la fête de printemps ,
春节(Chunjie),
y contempler la lune et les étoiles, car cette terrasse était nue et de dimension modeste.......

Je monte cet escalier un peu raide en m'appuyant sur les animaux du zodiaque chinois

C'était véritablement un lieu magique que cette habitation d'un grand mandarin, avec ses longues ruelles, ses embrasures en forme de lune, ses locaux divers, ses sculptures et bas reliefs multiples, ses claustras, ses remparts... J'imagine, l'intense activité qui devait régner dans les cours, les ruelles et les constructions diverses.......

mardi 2 février 2016

CHING TSAI LOO, MARCHAND D'ART ASIATIQUE......

C’est l’histoire fabuleuse d’un chinois qui avait la bosse du commerce et l’amour de l’art...... Né à la campagne, rien ne le prédestinait à cet avenir flamboyant.
  Lorsqu’elle écrit son livre : Monsieur Loo, chez Picquier poche: le roman d’un marchand d’art asiatique, Geraldine Lenain a  accès à toutes les archives de  celui-ci, ce qui nous donne aussi bien des renseignements sur ses affaires, que  sur sa vie riche en événements et en rencontres.

Je me demande ce que pensent les chinois d’aujourd’hui de cet homme, et de son rentable commerce, mais ce que je sais, c’est qu’il a  sauvé des oeuvres d'une destruction certaine, qu’il a initié les pays d'occident à l'art chinois, et qu'il a enrichi les collections des musées célèbres : Paris ( arts orientaux du musée Guimet), New York, Londres, Washington et j’en passe, ainsi que  les collections privées de richissimes collectionneurs. 
Arrivé à Paris, en 1902, dans les “bagages “ de Zhang Jiang, il va très vite, au service de cet homme, 
se créer un réseau de connaissances et se former à l’art de la vente des objets orientaux. Il ouvrira 6 ans plus tard sa propre maison. Abandonnant  très vite  ses habits orientaux, il  suivra la mode parisienne du costume trois pièces  qui lui sied à merveille.  Elégant et raffiné,  il est aussi obligeant. Il épousera une française dont il aura quatre filles. 
« Il devient celui entre les mains de qui passent, pendant plus d’un demi-siècle, les pièces les plus extraordinaires de l’art asiatique ”, nous dit l'auteur.
Plus tard, lorsqu'il  sera devenu une personnalité incontournable sur le marché,  C. T. Loo  aura réussi à intéresser l'occident à l’art de son pays, de l’antiquité à l’époque des Qing, mais aussi à celui des pays limitrophes à la Chine.
 Il fera  construire à Paris, dans le 8ème arrondissement, rue de Courcelles  près du parc Monceau,  un bâtiment curieux, la pagode rouge : un compromis entre l’art Haussmanien et l’architecture chinoise, à l'intérieur luxueusement décoré, qui lui servira de lieu de réception, de merveilleuse  galerie d’exposition et ou il logera lorsqu'il se sera retiré des affaires, et avant de quitter Paris pour la Suisse puis pour Cannes. 
 C’est la guerre de 14 qui l'aura poussé en Amérique où il étendra ses affaires.
Cet homme n’est pas un marchand ordinaire. Il fut un conseiller pour les collectionneurs et il sera aussi un mécène. Ses donsaux musées,  d’objets de grande valeur, ont enrichi les collections et contribué à  la culture des visiteurs.
C.T.  Loo malgré ses innombrables voyages, ses nombreuses résidences et sa double vie,  restera profondément chinois dans sa manière d’être, d’agir et de penser. Plein de finesse, toujours efficace, il traversera sans encombre les grands évènements de l’histoire, de la guerre de 14 à la révolution chinoise. 
Fier de son pays, il le pillera sans état d’âme, comme ce fut le cas pour l’exportation des stèles de  l'empereur Tang, Taizong, une haute  "trahison"  que la Chine ne peut lui pardonner. 
L’arrivée au pouvoir de Mao Zedong en 1949, verra la fin de son activité,

Ce livre est à lire avec intérêt. 
Note : En ce qui concerne le déplacement des oeuvres d'art dans des musées étrangers, Je suis assez partagée. D'autant que bon nombre d'oeuvres sont le fruit de rapines diverses...... J'avoue pour ma part que je n'ai pas éprouvé d'émotion lorsque au British muséum, je découvris la frise des Panathénées "à l'intérieur d'un atrium" et sous une verrière (ce qui est un non sens total puisqu'elles ornaient l'entablement au dessus des métopes extérieurs du temple !), tandis que j'eus un  coup de coeur  intense en approchant le Parthénon, à Athènes, au coucher du soleil. Pour moi, l'émotion est beaucoup plus intense lorsqu'on peut découvrir l'oeuvre sur le lieu pour lequel elle a été créée.... Mais ça, c'est une autre histoire.

dimanche 17 janvier 2016

RENDEZ VOUS AU BON MARCHÉ AVEC AI WEI WEI.......

 L’expo est baptisée 儿戏. (Er Xi  : aire de jeux”). Cette fois ci, cela se passe à Paris, dans un grand magasin que je connais bien, le Bon Marché dans la rue de Sevres.  Il est  question de bambou et de papier..... comme lorsqu’il était enfant, arrachant le bambou aux volets des fenêtres pour créer un cerf volant.
L'expo se déroule jusqu'au 20 février 2016.

 J'apprécie énormément le travail de cet artiste contemporain qui pour moi est un GRAND, par la taille certes mais aussi par la richesse plastique de ses créations, leur diversité,  et les problématiques qui les sous tendent. (même si je n’adhère pas à tout à 100% : le pouce ; ou encore : Wei Wei nu sur la place Tian An Men,  me semblent plus être du domaine de la communication que de  celui de l’expression artistique)

Dans le Grand magasin parisien, il présente des animaux mythologiques inspirés du Shanhaijing (le livre des Monts et des mers) : un dragon à plusieurs têtes, des oiseaux, un renard, des personnages.... sur trois niveaux, au centre du magasin, sous la verrière, mais il y en a également en vitrine dans la rue de Sèvres...... Quel dommage que je n’y habite plus ! je me serais précipitée pour faire des images et, qui sait, peut être apercevoir l’artiste !


"Cette exposition est un hommage à la Chine et à son patrimoine culturel, c'est une oeuvre poétique et patrimoniale, à la fois esthétique et conceptuelle, qui touche tous les publics", a commenté Patrice Wagner, PDG du groupe Le Bon Marché.
Pour Weiwei,  exposer dans un grand magasin, c'est user d'un autre média pour aller à la rencontre d'un autre public, aussi large que celui d'un musée, mais qui ne vient pas a priori pour l'art", explique -t-il.



Cette oeuvre est a decouvrir aussi sur  le très beau site photographique :




mais aussi, faites un tour du coté de ses autres oeuvres, par exemple, Sunflower Seeds : 
la vidéo de “Sunflower Seeds” est un moment qui ne laisse pas insensible du fait de sa dimension humaine........ chaque graine de l'installation ayant été fabriquée, cuite puis peinte à la main par des ouvriers chinois...... un travail de “romain”....
http://publicdelivery.org/tag/ai-weiwei/#arve-load-video
ou pour voir des oeuvres diverses......

mercredi 6 janvier 2016

Photos MSG. La cathédrale St Benigne de Dijon.
C'était en décembre 2014, vous vous en souvenez peut être. J'avais fait un post sur mon blog : "truffeetcompagnie", pour vous faire partager quelques images que j'avais faites dans la magnifique crypte pré-romane de la cathédrale Saint Bénigne de Dijon.
Aujourd'hui, je reviens pour vous montrer sa façade du 13e, qui est restée si longtemps en travaux, d'une part, pour la nettoyer, et d'autre part, pour réparer l'usure du temps.....
Quelle n'a pas été ma surprise lorsque ma fille attira mon attention sur la tour de droite, à son deuxième niveau où se déroule ce haut relief que je n'avais, jusque là,  jamais remarqué....... 
Cliquer sur les photos pour les agrandir.
...et vous,  le connaissiez vous ? 
 Il faut croire que l'encrassement de la pierre était tel que cette belle chasse n'attirait plus l'attention depuis fort longtemps. 
Grace à ce "lifting",  les seigneurs, accompagnés de leur mâtin (le gros chien en deuxième position à gauche) chassent à nouveaux sangliers et cerf.......
On peut voir, de gauche à droite, un chasseur à cheval (l'animal  a perdu ses naseaux),  un mâtin poursuivant  un sanglier qui détale, un chasseur à pied qui tient son arme à deux mains, deux manants dépeçant un sanglier, un chien sur le dos d'un cerf qui détale à toutes jambes, et pour terminer, un second cavalier, en partie caché par le contrefort d'angle, mais que vous verrez si vous vous rendez sur le parvis. Détail, d'esprit encore très roman, toutes ces bêtes sont bien membrées !
La scène se passe dans la vigne. Les ceps,  sont schématisés tout comme on les voit sur le enluminures de l'époque. On peut même voir quelques raisins.....
Cette bordure se situe sur la tour de droite, au sommet du 2ème niveau.

  Je suis contente de vous les présenter et surtout, je vous invite à passer devant le porche de cette belle bâtisse .  Attardez vous  pour bien observer ces  sculptures, sur la tour de droite.....  Elles ne sont d'ailleurs pas seules, vous découvrirez d'autres très jolis cordons de façade sculptés eux aussi et un cadran solaire........Admirez aussi les belles couleurs de la pierre de Bourgogne à la fois dorée et rose, selon la veine où  elles ont été taillées. Il s'agit bien sur d'un calcaire assez tendre et je trouve particulièrement admirable la conservation de cette meute, bien protégée des intempéries par le cordon de façade en débord qui lui fait comme un avant toit.
Ps : armez vous de jumelles ou d'un teleobjectif pour mieux voir les détails.
Quant à la tour nord, sa refection a demandé trois ans ! certaines pierres complètement délitées ont du être remplacées.......
A lire : http://www.bienpublic.com/grand-dijon/2014/04/27/renovation-de-saint-beni-gne-apres-la-tour-nord-la-crypte
tour sud  et flèche de Violet le DucL

mercredi 30 décembre 2015

MON BEAU CADEAU DE NOEL

 Parmi les cadeaux que j'ai eu le bonheur de recevoir à Noel, celui-ci me va droit au coeur : il s'agit d'une boite précieuse, cartonnée,  que ma chère fille aux doigts de fée a confectionnée pour que je puisse y ranger le beau rouleau de calligraphie de Ma Hong, dont je vous ai déjà parlé quelques posts plus loin.
Il s'agit du texte de l'oeuvre  la plus célèbre de Fan Zhongyan (célèbre écrivain et courageux fonctionnaire de l'époque des Song) :
Le Pavillon de Yueyang 岳陽 樓 記 

 Cet essai illustre l'immensité du lac Dongting, décrit  les pensées des fonctionnaires et poètes exilés, et se termine par une exhortation confucéenne :
«Soit le premier à supporter les difficultés et le dernier à profiter du confort."

先 天下 之 憂 而 憂, 後 天下 之 樂 而 樂 


 Comme vous pouvez le voir, l'ensemble est harmonieux et la calligraphie est ainsi mise à l'abri.
J'ai trouvé charmante la solution quelle a trouvée pour  la fermer, avec des perles, car elle ne disposait pas de petits accroches en os comme on  en voit traditionnellement sur les boites chinoises. 
N'ayant pas de brocard, elle a avantageusement remplacé les tissu par un beau coton tapissier.

mercredi 23 décembre 2015

REHABILITER TSEU HI, L'IMPÉRATRICE DOUAIRIÈRE CIXI -


Je vous recommande le livre cité dans le post précédent : 
L'impératrice Cixi 
par Jung Chang, 
chez Lattès.

La première raison, c’est que je l’ai trouvé intéressant et très documenté. Il n’y a pas moins de 19 pages consacrées aux références d’une bibliographie serrée, diversifiée et diplomatique aussi,  ce qui prouve le sérieux de l’entreprise ! 
Photo MSG - un pavillon du palais d'Été à Beijing, lieu chargé du souvenir de l'Impératrice.
La seconde, c’est que l’auteur, se  fondant sur des documents depuis peu disponibles,   a étudié le sujet pendant plus d’une dizaine d’années et au plus haut niveau.
La troisième, c’est parce que nous savons tous que si les révolutions bouleversent les ordres établis - ici, un ordre fort ancien -  elles commettent aussi d’importants dégats collatéraux, n’hésitant pas à trainer trop facilement dans la boue les figures de proue des gouvernants précédents quitte à les réhabiliter quelques générations plus tard. 

Salir l’image de Cixi, arrangeait beaucoup de monde. D’abord, c’était une femme qui s’arrogeait le pouvoir ! Depuis Wu Zetian (624-705ap JC), cela était totalement  exclu de la pensée chinoise ! Pourtant, et c’est tout à son honneur, Tseu Hi  se refusait à enfreindre les lois du protocole régissant la place de la femme ! 
 (La première place, et je ne vous apprends rien,  était réservée aux hommes et, dans l’ombre de cet ordre établi, les eunuques avaient beaucoup de pouvoir ! )
Je pense, pour ma part,  que les évènements n'auraient pas évolué de cette façon pour la Chine si Cixi n'avait pas été écartée du pouvoir à l'avènement de l'empereur Guangxu
, lequel, élevé, dans une éducation des plus traditionnelle, n'avait pas l'ouverture d'esprit de sa tante pour faire front à l'évolution du monde et aux attaques japonaises et européennes. Les personnes sur lesquelles il s'appuya n'étaient hélas  pas à la hauteur des évènements graves qui mirent la Chine dans une position des plus alarmante. Lorsque l'impératrice  reprit les rennes, les jeux étaient hélas déjà joués. 
Portrait de l'Impératrice Cixi ou Tseu Hi, comme il vous plaira.......

Le monde du 19 ème siècle et du début du 20ème était en pleine mutation. Déprécier le gouvernement  de Tseu Hi,  faisait l’affaire des  asiatiques (chinois désireux de régner et japonais cherchant l'hégémonie) et des européens !
Notons que le peuple, lui, s’était montré fidèle au “Vieux Bouddha”, y compris durant les moments sombres ! (tel  est le nom qu’il accordait à Cixi Impératrice Douairière).
Aujourd’hui,  à l’heure ou la Chine se mondialise, il semble important, de mon point de vue, d’apprécier à son juste niveau le souvenir de cette femme d'exception.  Elle avait l'étoffe d'un "Empereur" mais, les contraintes diverses qu’elle a dû subir ne lui permirent pas de pousser aussi loin qu’elle l’aurait voulu la transformation de son pays vers la modernité. Elle a cependant le mérite d’avoir fait les premiers pas.
J'ai appris aussi dans ce livre, et peu de gens le savent, qu'elle préparait le terrain pour que puisse s'établir une monarchie institutionnelle. Quelle innovation !
Le caractère dragon exécuté par Cixi ou par Wu Yunwu - commandant général à Hangzong au Shanxi ?
Mon livre de calligraphies écrit par Gao Changshan, images de Cai Cheng, me l'indiquait comme étant une oeuvre calligraphiée par Cixi, mais le Maitre de Calligraphie veille qui a corrigé l'erreur. Xie xie ni !
On peut imaginer soit qu'elle l'ait acheté, soit qu'elle l'ait calligraphié en se servant de ce  modèle......
 Le premier qui trouve a gagné !
 170 cm x 80 cm
mais alors, de qui sont les oeuvres que l'on trouve sur :

toutes attribuées à L'impératrice !
Cixi aimait les arts et pratiquait la peinture et la calligraphie avec talent. 
le theatre du Palais d'été
Passionnée d'Opéra Chinois, elle fit tout ce qui était en son pouvoir pour rénover le genre, lui imposant une forme artistique sophistiquée, tout en préservant son coté ludique. C'est ainsi qu'elle contribua, au Palais d'été, à élever l'Opéra de Pékin, au rang "d'opéra national Chinois".  
j'ai fait cette photo au Palais d'Eté, près du pavillon exposé en haut de post. Pourquoi l'ai je postée ? Par ce que c'est une des rares endroits, dans toutes mes visites en Chine où j'ai pu entendre chanter des oiseaux..... chacun sait que Cixi trouvait que le chant des loriots s'accordait bien avec l'opéra chinois...... cet oiseau  n'est pas un loriot, mais c'est tout comme ! Quel endroit charmant.......

Je voulais aussi mentionner ici, le fait qu'en bonne Manchoue, Tseu Hi a refusé que se perpétue la tradition qui voulait que l'on bande les pieds des  femmes Han ! Cela fut pour les femmes chinoises en même temps qu'un grand soulagement, une première libération !
On possède des portraits mais aussi des photos de l'impératrice qui n'hésita pas  à se faire photographier  ...... Malheureusement, elles ont été prises à un âge avancé ! Mais n'est ce  pas là aussi une innovation  de taille !