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vendredi 10 avril 2020

WUHAN ET LA FÊTE DE QINGMING 2020 ........

Aujourd’hui, aux  infos, on nous annonçait que la population de Wuhan prenait le train par milliers,….. cela aurait du me mettre la puce à l’oreille ! Evidement, c’est l’époque de la fête de Qingming qui aurait du avoir lieu les 4,5 et 6 avril derniers…… 
Elle  est très attendue par les populations rurales “émigrées” à la ville qui repartent chez elles pour célébrer cette fête si importante dans la vie d’un chinois ! L’actualité en a hélas décidé autrement…..

J’ai une pensée émue pour eux….. après ce qu’ils viennent de subir, et je me demande comment se sont faites les funérailles et quelle suite ils vont pouvoir leur donner.
Quel bonheur vont ils avoir à se partager…….?

Chacun sait que cet évènement majeur de la vie chinoise consiste à se réunir en famille pour aller nettoyer les tombes des ancêtres…..  Oui, l’esprit de famille est fort en Chine…..

L’origine   remonte fort loin :  2500 ans environ  ! C’est en quelques sortes la Toussaint chinoise. On se réunit en famille autour des tombes des ancêtres que l’on nettoie et que l’on embellit et on renoue avec les siens autour d’un pic nique.
Cette célébration est destinée à chasser les mauvais esprits,.  Elle annonce aussi la venue du printemps. 

Je ne peux m’empêcher de penser aussi à cette oeuvre magnifique que l’on peut trouver assez facilement sur internet…… 
Elle  serait  attribuée à Zhang Zeduan (1085-1145), dynastie des Song. Tandis que d’autres érudits pencheraient pour une oeuvre de l’époque des Ming. 
D’une longeur de 528,7 cm x 24,8, elle ne peut que nous subjuguer tant elle est riche en détails de toutes sortes……
Quoiqu’il en soit, elle est intitulée :
Le Jour de Qingming au bord de la rivière (traditionnel : 清明上河圖 ; simplifié : 清明上河图 ; pinyin : Qīngmíng Shànghé Tú) 
Cliquer sur les vues pour les agrandir.......
Chaque fois que je la regarde, je m’émerveille….. Il existe d’ailleurs plusieurs peintures monumentales sur ce thème  (à Taiwan et à Pékin à la cité interdite notamment… ) Quel est l’original ? Si quelqu’un le sait, cela m’intéresse……





Photo personnelles prises par MSG

A voir sur :
ou vous pouvez l”agrandir et en apprécier les savoureux détails……

et pour finir ce poème de Du Mu :
杜牧 Dumu – 清明 Qingming
清明时节纷纷
路上行人欲断魂。
酒家何有?

牧童遥指杏花村
Le jour printanier de Qingming  il bruine sans cesse
En route les piétons  en grand nombre  vont, le coeur brisé.
Où trouve-y-on du vin pour noyer sa tristesse ?
un jeune berger   montre du doigt  le village des Fleurs d”abricot.





4:30 / 6:09

會動的清明上河圖 - Moving of the Riverside Scene at Chingming Festival



4:30 / 6:09

會動的清明上河圖 - Moving of the Riverside Scene at Chingming Festival



jeudi 7 novembre 2019

QUAND L'ART S'INSPIRE DE L'ART ET QUAND LA CONNOTATION S'EN MÊLE......

Je suis  toujours étonnée par les résonances, les coïncidences tellement surprenantes….. qu’apportent les “confrontations”  avec les oeuvres……..
Imaginez ! 
Suite aux récentes expositions de Yan Pei Ming
Yán Péi Míng      严 培 明 - 
j’étais à le recherche d’une reproduction de “l’enterrement à Ornans” de Courbet. Je voulais   comparer cette oeuvre avec "l’enterrement à Shanghai" de l'artiste chinois qui, alors, se confrontait  à Courbet.
note : j’ai édité à ce sujet un post sur “Truffeetcompagnie”..…
(voir lien dans la marge)
Aussi, comme je ne trouvais pas,  sur le net, d’illustration  satisfaisante en qualité, je me suis dit que je devais avoir ça dans mes tablettes….. 
J'ai effectivement mis la main sur “Courbet” (à l’école des Grands Peintres”)  édité par Michel Ragon…….. que je me suis mise à feuilleter fébrilement….. une fois, deux fois…… en vain !
“c’est pas possible” me dis-je !…. “

Il y avait bien dans cette parution : l’atelier du peintre, les demoiselles du bord de Seine, Paresse et Luxure, les Falaise d’Etretat…. etc, etc, en pleine page et en couleurs  ! Soit en tout 47 tableaux du maitre, mais pas d’enterrement à Ornans !…..
Sur la page  d’édition…. (édition 1979)  près du texte éditorial, je tombais sur une reproduction, au format de  timbre poste, et en noir et blanc,  du fameux tableau qui fit tellement scandale au Grand Palais !

Comme seul commentaire :  je trouvais un "appel" lancé aux habitants du bourg d'Ornans dont les ancêtres furent représentés,  afin de se faire  connaître   !  mais rien sur l’oeuvre elle-même.

Je poussais plus loin mon investigation,  épluchant la page… soudain, parmi l’équipe de mise en page, j’ eu une grande surprise : devinez sur qui je  suis tombée ?
Sur  Roman Cieslewicz, rien que ça !

Qui ne connait pas cet immense graphiste des années 80 ….. et sa "Mona Tse Tung" ! célèbre détournement de Mona Lisa ! 
A l'heure où Leonard s'expose au Louvre c'est assez amusant !

Paf, me voilà “re-placée” sur l’orbite “chinois”  grâce à ce détournement inattendu.  Quelle étrange boucle !

 J’avoue que je n’ai jamais été attirée par le tableau réaliste de Courbet.


photo MSG prise pendant l'émission. L'enterrement à Shanghai. 
A voir au Musée d'orsay/- cliquer sur les images pour les agrandir

Au delà de  la démarche des deux peintres si riche en commentaires possibles, j’ai pris alors conscience, de la place importante donnée au chien blanc ….. si présent, au tout premier plan   sur les deux œuvres ! (C'est par lui qu'on entre dans la composition)

..et au traitement  du paysage aussi ! Falaise, croix  et vallée contre silhouette de Shanghai et courbe du Huang Pu autour de Pudong.
Et là, je me suis dit que Yan Pei Ming a fait lui aussi oeuvre de réalisme, poussant  loin les empreints mais aussi les contrastes, avec l’oeuvre du franc-comtois . Chez Ming, il se dégage une grande douceur…… une sorte d'apaisement. L'oeuvre n'a plus rien de chinois, la leçon de l'expressivité de  l'art occidental est parfaitement intégrée.
L’oeuvre de Courbet, tel un instantané  ressemble à  une sorte de reportage en direct, presque “crash” ! (à une époque ou la photo couleur n’existait pas ……)  quelque chose de presque “journalistique”. C'est certainement ce qui a choqué car en plus, il était question de mise en valeurs en grand format de "gens du commun", comme on le disait à l'époque.....

Celle "récente* de Yan Pei Ming au contraire, bien que très “populaire” elle aussi, est réalisée en monochrome.  Malgré la présence d’un grand nombre de personnages,  c'est  un hommage filiale presque “intime” rendu à sa mère qu’il adorait.
Les personnes du premier plan deviennent quasi présentes, et on se trouve  littéralement intégré au  tableau du fait de sa composition  ! 
Magique.

Sincèrement, je préfère le second tableau.


samedi 3 février 2018

LI KUN WU EXPOSE EN BOURGOGNE A BUSSY LE GRAND - MUSÉE GORSLINE.


Chers lecteurs, à l'approche du printemps,  je me dois de vous présenter l’oeuvre d’un artiste du Yunnan : Li Kun Wu. Il m'a subjuguée !
Il expose depuis le mois de juin dernier au musée Gorsline, à Bussy le Grand, en Bourgogne..... mais il a également participé, récemment,  en temps que dessinateur de BD,  au festival d'Angoulême, et exposé à Clermont Ferrand, invité par Michelin, eut égard à ses travaux pictographiques sur la construction des chemins de fer des régions escarpées du Yunnan, le pays de son enfance.
Le musée est un endroit  assez discret*. Il  vous surprendra dès le franchissement de sa porte....... alors, n'hésitez pas.......!
Li Kun Wu - photos MSG.
L’exposition actuelle  met en parallèle l’oeuvre de ces deux artistes ayant connu la Chine à l'époque de Mao.
Douglas Gorsline-lithographie - Construction de l'Hotel de Pekin.1973 
 L’un Douglas Gorsline, d’origine américaine, installé plus tard en Bourgogne,  nous donne sa vision en tant que résident étranger, dans les années 70, et l’autre, Li Kunwu, né dans le Yunnan , nous raconte son vécu, ses souvenirs d’enfance,  vus de “l'intérieur”, sa vie quotidienne aussi, dans les mêmes années et jusqu’à nos jours. 
Ce parcours, l’artiste chinois   l’exprime par ses encres dont le tracer, hors des règles traditionnelles, est d’un grand modernisme. Le trait est truculent et plein de vie : un vrai régal, une sincérité et une spontanéité surprenantes chez cet asiatique, et c’est ce qui le rend vraiment attachant et touchant.

Route du the et des chevaux.


Je vous recommande les vidéos de Youtube, où il s’exprime, mais aussi les livres (BD et autre) qu’il a illustrés. En vente à la libraire Phenix....... tous les sinophiles connaissent !


Ruée dans les transports à la fête de printemps.
J’ai choisi cette oeuvre importante pour illustrer mon post, car elle sera bientôt  d’actualité : il s’agit de l’immense transhumance des chinois de tous âge, que vous découvrez ci-dessus,  partis travailler dans d’autres contrées, et qui, lors de la fête de Printemps, retournent dans les villes et les villages qui les ont vu naitre........
Mais les autres oeuvres méritent tout autant qu’on s’y arrête ! qu’elles soient imposantes (20 m de longueur) comme la route du thé et des chevaux 茶马古道
ou qu'elles représentent des moments de vie quotidienne comme, ci dessous,  les bains dans cette piscine de Kunming ou bien encore des scènes de la rue.......
Cliquer sur les images pour les agrandir



Bref, pour ma part, j’ai pensé à l'écriture de Mo Yan en regardant ces oeuvres..... mais aussi à mon cher Lao Shi et à d’autres écrivains chinois contemporains.
en savoir plus :
Adresse :21150 Bussy-le-Grand - 5 rue d'Etormay
Prendre rendez vous par téléphone, pour vois cette expo, jusqu’au 25 fevrier....... au  Tel. 03 80 89 30 78 et Tél.2 : 06.27.99.46.01
Mais aussi plusieurs video sur Youtube où l'artiste s'exprime :

vendredi 19 janvier 2018

LE PORTRAIT INTERDIT DE JEAN DENIS ATTIRET

Ce film est un “joyau”, et je pèse mes mots........ on y assiste à  la rencontre entre  deux cultures. Y est évoquée  de façon subtile  la distance des codes esthétiques de chacune d’entre elles, qui sont, bien sûre,  aux antipodes lune de l’autre dans leur expression. C’est là le véritable “fond” du film,  le centre du scénario.
Le titre du tableau m’interroge.... “la concubine”..... je vois plutôt sur ce portrait une impératrice dans son costume de cérémonie : et c’est le cas.


L’oeuvre est de François Denis Attiret, originiare de Dole, Jésuite, parti à la cour de l’empereur chinois, dans le sillage du grand peintre  Cagliostro. 
 L’histoire racontée est en partie imaginaire car le tableau et l'héroïne existent (voir ci dessus). L'oeuvre   est exposée  sur les  cimaises du Musée de Dole. Charles de Meaux cinéaste et plasticien, l’a "rencontrée", ce qui lui a inspiré la trame de son  scénario.
Si  le scenario est imaginaire, le fond historique est bien réel :  cette Impératrice Qing, Ulanara (pour son nom mongol),  a bien été la seconde impératrice et épouse de l’empereur QianLong (Lequel a eu bon nombre de concubines et pas mal d’enfants, ce qui s’explique par un règne très  long !)
Le film est admirablement interprété  par la grande vedette chinoise Fan Bing Bing  et par Melvil Poupaud. Il  a l’avantage d’avoir été tourné dans la Cité Interdite, au Palais d’été (dont les ruines servent de décor, à la nuit tombée, tel un chantier de construction, ce que je trouve très habile !) et dans quelques autres endroits prestigieux. 

En France, nous sommes a l’époque de Louis XIV. Les jésuites partent  en Orient,  jusqu’à la cour de l’empereur, porter la parole du Christ, mais pas seulement. Ils emportent également avec eux leurs connaissances architecturales, musicales, astronomiques, et des horloges qui éblouiront l'empereur. Ces présents sont encore visibles au musée de la Cité Interdite.

Pour en revenir à notre scénario, le portrait “gagné” par l'impératrice au cours d’une partie d'échecs avec son époux, vaudra au peintre deux ans de campagne militaire loin de la Cité Interdite, l’empereur  jugeant l’oeuvre sans doute trop émouvante, trop psychologique en quelques sortes........

Documents trouvés sur le net.

Des livres ont été écrits par ces jésuites en Orient, et édités en France. au XVIIIe siècle. Certains sont largement illustrés. On peut consulter des originaux sur place, et sur demande préalable, à la bibliothèque de Dijon.



Pour ma part, j’aurais aimé acheter une version de ce film mais ne l’ai pas trouvé en vente sur le net........ alors, s'il passe dans votre ville, chers amis sinologues, et sinophiles* ne le ratez pas !



Bande annonce sur
- je dis bien "sino",  mais les cinéphiles ne sont pas exclus !

mercredi 24 mai 2017

LIYING S'EXPOSE SUR LA TOILE

Aujourd'hui, alors que j'arrosais mes pousses de capucines, j'ai vu arriver près de moi un jeune couple et leur petite fille.
Comme ils lisaient la petite affiche que j'ai mise sur ma porte et que je les voyais surpris, je les ai invités à entrer, ce qu'ils ont fait  sans se faire prier et j'ai trouvé cela vraiment très sympathique......
Cette petite famille était de passage..... 
Il faut dire que la jeune maman est chinoise et qu'elle était fort surprise de découvrir dans un petit village de Cote d'Or, une personne pratiquant la calligraphie chinoise....... Comment était-ce possible ?
J'ai appris  qu'elle était originaire de Shanghai !

Je l'ai "sentie" très artiste et c'est pour cela que je me permets ici d'en parler, car elle m'a fait découvrir  son  blog où elle présente ses travaux.
Une fois franchi le seuil de la maison, quelle ne fut pas sa surprise en découvrant tous mes travaux de calligraphie rangés ou accrochés un peu partout......
Nous avons ainsi entrepris un joyeux bavardage........ 
J'ai appris qu'elle aussi pratiquait les arts, et puis nous en sommes arrivées à parler d'adresses et de blogs et j'ai ainsi pu découvrir le sien dont je vous donne la référence, car il mérite une visite.
Il présente des oeuvres personnelles de l'artiste. Les pistes sont variées, l'expression généreuse et très coloriste. Un moment de plaisir à déguster sans modération :
le Blog :


J'espère que Li Yin, c'est son nom, ne me tiendra pas rigueur de vous l'avoir présentée de façon aussi spontanée..... et qu'elle trouvera par ce biais de nouveaux visiteurs ! Quant à moi, j'espère que nous aurons encore l'occasion d'échanger des messages dès son retour de week end !

mardi 8 novembre 2016

EXPO DE L'ATELIER LU A DIJON -

L'exposition a eu lieu du 2 au 6 novembre et je tenais à vous en parler.
Yi Ling présente ses élèves et leurs travaux.
Lu Yi Ling anime son atelier avec professionnalisme, rigueur et gaité car elle déborde d’humour ! Ses élèves l'apprécient et  le résultat est là. Des débutantes aux seconde et troisième année, toutes ces dames ont l’air de prendre du plaisir à s’exprimer.
Les oeuvres récentes de Yi Ling vous accueillaient dès l'entrée de la salle. En voici quelques unes.
Je ne peux évidement pas tout vous montrer,  et j’ai du sélectionner quelques uns de mes coups de coeur. Que personne ne se fâche, ce sera peut être votre tour, l’an prochain ?
Les paysages ésotériques de Yi Ling, où l'oxygène circule sereinement  parmi les brumes et le murmure des eaux.
Plus près de l'âme 2 - oeuvre de Yi Ling - à gauche, un detail
Ensuite, il y a les "anciennes" qui travaillent des copies de maitres qu’elles ont choisi. Quand on pense au temps qu’elles ont consacré à leurs travaux, je leur tire mon chapeau ! Voyez plutôt  :
Laurence Jacquotot - Promenade dans le mont Luchan d'après Huang Gongwang- dans le petit encart, l'oeuvre dans son entier, en un seul rouleau marouflé, sur de grandes tables. 
Impressionnantes les deux oeuvres de Laurence. Celle-ci mesure 1373cm x 34 cm ! 
 Un détail de cette oeuvre.
Françoise Duc - Les monts Jinting en automne d'après Shi Tao- 80cm x 41,7cm

 Françoise, alias Fansi, a travaillé dans un autre style , en prenant pour exemple  le grand Shi Tao, auteur du fameux "Propos sur la peinture du Moine citrouille Amère".
Hélène Halot : l'accueil de la beauté
 Hélène Halot a retenu mon attention par la finesse de ses coloris/

Enfin, parmi les “nouvelles” on a aussi de belles surprises et même de l’humour !
Tandis que Thérèse et ses collègues présentaient des études très abouties, j’ai eu la grande joie 


Les études de Thérèse Magnien : Pin solitaire  - Visite à un ami

de retrouver parmi ces élèves une ancienne “copine” d’atelier avec laquelle j’ai passé deux ans à préparer le DNSBA* que nous avons obtenu toutes deux ! C’est vous dire tous les bons souvenirs qui se sont réveillés soudain ! Jeanine a toujours eu un esprit indépendant, voyez ci dessous  le titre qu'elle a donné à son étude :
La fantaisie de Jeanine Challand : titre : se cache nounourse !
A vous de trouver l'allusion !

*Diplome National Supérieur des Beaux Arts - session  "arts de la publicité" 1967
Mille excuses pour les reflets sur les photos qui étaient inévitables dans cette salle.