Affichage des articles dont le libellé est DOCUMENTATION. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est DOCUMENTATION. Afficher tous les articles

samedi 14 octobre 2023

EXPERTISER UNE CALLIGRAPHIE…….

 J’ai reçu récemment un courriel me demandant,   à partir d’une photo de calligraphie numérisée,   si je pensais que le document  était ancien, et ce qu’il pouvait bien signifier.

C’était un geste de confiance que je salue !


Hélas, ceci sortait de mes humbles compétences,… mais je lui ai tout de même répondu (un vieux réflexe de prof d’arts plastiques) 

Pour la première réponse concernant l'ancienneté ou la préciosité,  c’est impossible d’en juger sur photo…. D’autant que l’un des trois sceaux m’a paru très fantaisiste, mais je peux me tromper……


J’en suis donc restée à la photo et au tracé.

Pour le reste il lui faudrait  s’adresser , muni de l’original, à un “lettré authentique... et chinois, de préférence !   

Je lui ai seulement donné quelques renseignements primaires concernant l’écriture qui m'a semblé être du li shu - l'écriture des scribes- et ça n'est pas la plus facile ! je ne m'y suis pas encore "frottée" !...   et lui ai conseillé le petit livre de Me Shi Bo intitulé :

“Entre Ciel et Terre” 




….encore trouvable sur internet.

Ce précieux document  intéresse les calligraphes débutants car il est non seulement bien renseigné, mais aussi abondamment illustré d’exemples …..

C’est toute l’histoire de l’écriture chinoise divisée en 7 étapes d’évolution. De la préhistoire à nos jours. 

Les exemples abondants illustrent de façon claire bon nombre de ces types d’écriture, que ce soient les écritures primitives gravées, ou les différents styles utilisés à l’encre au fil des siècles……

J’ai compris aussi qu’il s’agissait d’un poème évoquant la mer du Japon, mais ne m’en demandez pas plus !…… car je n'ai pas la prétention d'être traductrice, surtout lorsqu'il s'agit de poesie !


vendredi 19 novembre 2021

ADIEU A MONSIEUR PIMPANNEAU

 Une petite citation de ce grand serviteur de la culture chinoise :

“ la différence entre professeurs et étudiants relève de la hiérarchie et toute hiérarchie est le cancer des sociétés humaines.» 

C’est Jacques Pimpaneau qui vient de nous quitter et qui ecrit cela ! Je partage son point de vue !


Jacques Pimpanneau - Photo provenant du Net

Cet homme possédait des talents multiples.... Ecrivain, professeur aux Langues "O", homme de théâtre mais aussi marionnettiste
La  disparition  de ce grand sinologue le 2 novembre dernier, est une grande perte, certes, mais  la richesse bibliographique qu’il laisse à son départ restera un bien précieux à ne pas négliger pour qui veut découvrir la culture chinoise !  

Beaucoup de ses parutions ont été “éditées par Picquier Poche - pages 79 à 81 du catalogue, chez Youfeng et quelques autres…. Et sont donc accessibles au grand public sous   format relativement économique…..

Ce qui fait que j’en ai quelques uns dans mes rayons…. Merci à eux !


A ne pas manquer non plus de lire l’article très bien documenté mis en ligne sur  

https://bulac.hypotheses.org/35541


Sous le titre : PORTRAITS D'ICI ET D'AILLEURS

PAR VINCENT DURAND-DASTÈS

“Les Bonnes feuilles du disciple de Monsieur Kwok On, ou Jacques Pimpaneau et ses livres”


Vous pourrez aussi y visionner des documentaires filmés en Chine par le sinologue.

dimanche 31 mai 2020

REFLEXION POETIQUE AU 18ÈME SIECLE

Au jardin de la poésie chinoise, bien sûre, il y a un âge d’or (je ne vous apprend rien) : celui des poètes Tang dont on trouve de multiples traductions, que ce soit par les livres ou par internet ! 
Mais je trouve que c’est un peu au détriment des autres époques …….
Vous me direz qu’en Chine, ce doit être pareil ! 
On y traduit Baudelaire, mais connait-on Ronsard ? 
Le sujet est si vaste qu’il reste bien souvent "chasse gardée" de quelques érudits ou spécialistes, ou encore de chanceux universitaires !
Bref pour un autodidacte c’est pas facile ! Personnellement, j’en fais l’expérience depuis plus de 10 ans ! …mais je suis opiniâtre ! 
Je commence à avoir une petite bibliothèque assez variée! J’ai pu l’acquérir  lors de mes voyages à Paris ou encore par le net ! Merci le net !
Parmi les propositions littéraires faites aujourd’hui aux gens de ma sorte, les éditions Mounddaren sont en bonne place, qui proposent pas mal de choses asiatiques de différentes époques sous une forme d’autant plus attractive qu’ils  sont bilingues. Et ça, c'est un plus !
Je me suis penchée ces jours derniers sur l’oeuvre d’un poète de l’époque Qing et je me suis bien régalée……. Il s’agit de Yuan Mei : “Les plaisirs de la Villa Sui” - Règne de Qian Long (18e siècle)-
Ce fut un beau “voyage” dans le temps et dans sa poésie !
J’aime beaucoup son état d’esprit, son exigence de liberté, son indépendance de pensée…. Son amour des textes. Brillant, il le fut, mais surtout il faisait preuve d’une grande clarté de jugement, faisant fi de la  lourdeur des règles qui régissaient la société de l’époque et restant Han, envers et contre les institutions et la culture Mandchoue qui alors était imposée.
Il abandonne assez vite la carrière administrative qu’il trouve peu attractive pour s’adonner à ses seul plaisirs : la poésie, les voyages, et à ses activités  culturelles où il excelle.
Il aménage sa villa dans cette perspective tout en  ne dédaignant pas, hôte attentionné,  la qualité de sa cuisine . Il en tirera même un livre ! tout comme Su Shi ! Il devient aussi son propre éditeur.
A Nanjing, où il est  installé, il reçoit tout ce qui “compte” parmi les lettrés de passage, faisant  montre là encore d’une belle indépendance. 
Son “ouverture” à la culture des femmes m’a séduite ! Défiant les règles confucianistes  en cours à ‘époque, Il acceptait de les former à la poésie ce qui lui valut certains sarcasmes.
知心能 相聚  喝水也心甜
Avec les vrais amis, même l’eau que l’on boit
Ensemble est particulièrement délectable.

Sorte de “globe trotter,” il sillonne les grands territoires de son pays du nord au sud et de l’est à l’ouest. Il “gravit” les monts sacrés avec l’un de ses fidèles serviteurs jusqu’à un âge avancé ! Un poeme exprime son désagrément dans les nuages des Han Shan.....
Quelle belle leçon !.... et il ne cesse jamais de relater tout cela. 

Je terminerai par la citation de deux de ses poèmes -traduits par Chen Wing Fun et Hervé Collet - qui évoquent la persistance de la mémoire et l’amour des belles lettres ! 
Arrivés à “un autre âge” , on a toujours l’occasion de “revivre” ses émotions passées, et il le prouve :
 Exprimant mes sentiments
Jeune j’aimais les livres
J’examinais méticuleusement chaque phrase
Si, décrépit, j’aime toujours les livres,
C’est plus pour me distraire et en saisir le sens général 
même si ce que je viens de lire aussitôt je l’oublie,
Tout ce qui a défilé devant mes yeux est devenu une partie de moi-même
Le goût des livres est au fond de ma poitrine,
Plus suave que celui d’un vin vieux. 

 Me Sentant comblé
Pourquoi dire que le temps passé ne revient pas ?
Sentiments et scènes de ma jeunesse sont sertis dans mes poèmes
La lueur d’une lampe, la couleur d’un vin, le rêve d’une nuit printanière,
A mesure que je fredonne, mes poèmes se raniment.....


(ed Mounddaren  - “Divers plaisirs à la Villa Sui”
a lire absolument !

mercredi 10 juillet 2019

UNE "MINE BIBLIOGRAPHIQUE" SUR LA CHINE ANCIENNE ET SES RICHESSES.

Chers visiteurs, tout le monde ne peut pas accéder à la Sorbonne pour etudier…..

ni aux centre d'etude  où il est question de culture chinoise....... a plus forte raison lorsqu'on habite dans la campagne dijonnaise !
Alors n'en restons pas là et ouvrons le débat ! 
"La culture reste une drogue dure !"
il convient donc de s'en donner les moyens !

Si comme moi, vous avez lu d’innombrables volumes de littérature Chinoises, ou ayant rapport à cette civilisation,  parus en France dans nos librairies ou trouvés sur les rayons d’une bibliothèque, vous devez tout de même ,  rester sur votre faim……

Calée devant mon ordinateur, c’est en faisant le tour de  ma liste de  favoris, afin de l’éclaircir, que suis tombée sur  un site qui propose toute une bibliothèque  “ancienne” à télécharger…….
Bien m’avait pris de l’enregistrer ! Voici cette adresse :


Ce site pour bibliophiles sinisants, rassemble, en français,  non seulement des grands classiques, mais également les écrits d’innombrables auteurs occidentaux ayant voyagé  ou vécu dans l’Empire du milieu, du 16 e jusque à notre époque…..
Ces derniers  racontent leurs expériences, ce qu’ils ont vu ou vécu, leurs recherches, leurs ambassades  ou leurs “commerces”.
Les  textes sont souvent accompagnés d’illustrations, voir de photos, cartes et croquis  pris  ou faits à ces époques là.

Même s’il convient de rester prudent quant à l’idée qu’un lecteur trop pressé pourrait s’en faire……. car l’objectivité n’est pas toujours présente, la vision  de ces voyageurs n’est pas toujours non plus celle d’érudits,  mis a part quelques historiens dont c’’est justement le propos. 

Bien sure, l’immense Chine,  par la force des choses,  a beaucoup évolué depuis le 19e siècle , et je pense que pour nous, qui sommes attentifs à la valeur du patrimoine, et à l’évolution des sociétés, ces lectures, si elles nous étonnent,  ne peuvent que nous enrichir et nous ouvrir davantage l’esprit à la compréhension, à la conciliation, au respect des personnes et des idées ou encore à la controverse et au débat.….… car il faut bien garder en tête que ce pays est immense et multiculturel, ce qu’on a souvent tendance à oublier, nous qui vivons dans une France à notre petite échelle…… mais aux pensées parfois élevées !l
Yun-Nan-Sen est une vaste cité enfermée dans une enceinte de murailles. (photo appartenant l'un des ouvrages du site)


Idem - Sur le canal conduisant au lac de Yun Nan Sen


Ces textes ont également le bénéfice de nous rappeler que les règles et les valeurs qui  régissent nos sociétés et nos ethnies  sont parfois tellement éloignées idéologiquement  les unes des autres qu’il faudrait assurément un minimum de préparation à un  globe trotter improvisé, avant que de s’aventurer dans des régions dont les us sont parfois aux antipodes des siennes. 
(d’ailleurs, voici une preuve, celle des jésuites et des pasteurs qui sont passés par là, et se  sont bien souvent “cassé les dents !”)
Il convient donc de rester humble et prudent !

Idem : illustration ptovenant d'un ouvrage du site et concernant les costumes.....

Prendre du recul : la mondialisation que nous devons le plus souvent subir, tend à niveler les apparences, mais seulement les apparences…… et si comme moi vous souhaitez aller plus profond, (dans la littérature par exemple ou la poésie, l’architecture, ou la musique…..) aucun mode d’emploi….. le plus souvent c’est le brouillard , donc la débrouillardise ! 
Alors il faut de la patience, chercher, apprendre et découvrir au risque  d’erreurs possibles…. 

Car la connaissance n’est pas forcément non plus dans les propos de vos interlocuteurs…….!

Je me dis parfois que le coeur, la pensée profonde de ces peuples reste souvent aussi étrangère  à la nôtre, que la nôtre à leur !
Et pourtant, il faut bien faire quelques pas pour se rencontrer et, ou, échanger !

Les humains sont une curieuse engeance….. 


Y a t il trop de loups ou trop de moutons ?


En attendant, bonne lectures à vous tous !


lundi 18 juin 2018

HUMOUR ENTRE CHINOIS ET FRANÇAIS : ATTENTION, TERRAIN MINÉ !


Je suis perçue, parmi mes amis français, comme étant dotée d’un bonne dose d’humour et d’auto-dérision. et pourtant........

Je me rends compte que cet exercice  est quasiment  impraticable avec certains amis chinois ! Et vice versa !

Récemment, pour tenter de comprendre un "raté", j’ai ressorti mon manuel de Anne Laure Montfret  édité chez Dunod :

et j’ai ouvert  le chapitre HUMOUR !


On nous explique que l’ironie (la notre)  est souvent perçue chez les chinois comme une critique ! Oui, vous avez bien lu ! une critique !
Ce qui équivaut à "perdre la face !
Donc ne cherchez pas à ironiser : vous ne serez pas perçu(e) comme drôle”, ni même comme  “taquin(e)” . L’ironie à la française ne passe pas du tout et votre boutade a de fortes chances d’ être prise pour une  “censure” ! a plus forte raison si vous ne connaissez pas la personne de longue date !
........et , même si vous pensez la connaîtres, ce n’est hélas pas gagné !

Là où, nous français, nous  ne voyons que gentille boutade, “mise en boite”, comme on dit chez nous...... nous risquons de nous embourber.....en face d'un asiatique,  dans un échange particulièrement compliqué, voir même, au pire,  de nous brouiller .

J'ajouterai que nos “amis chinois”,  eux aussi, peuvent nous faire 'perdre la face' assez facilement, en se croyant très drôles,  et sans même s’en rendre compte ! Mais nous avons le tact de ne pas leur faire remarquer......de plus,  n'attendez pas des excuses ! 

J’ai  ainsi subi, l’été dernier, durant le mois d’aout, un  traitement "à la chinoise" (sans doute  "chinoisement " humoristique) qui m’a laissé un très mauvais souvenir !...... cela ressemblait vraiment à du “foutage de gueule !” (excusez la crudité du terme) 
je ne m’étendrais pas dessus..... mais le gout en reste amer !

L’auteure du livre nous dit encore que l’humour chinois s’appuie souvent sur des quiproquos, notamment dans la prononciation identique de certains mots, par rapport à une situation x, provoquant un contresens humoristique...... mais c’est trop long à expliquer ici. Lisez plutôt ce manuel.

Humour  avec vos amis chinois : à utiliser avec parcimonie...... et je n'ai pas abordé la question du rire....... qui est aussi un point "épineux" !

A part ça, restez ZEN ! N’oubliez pas que “la vie est un longue fleuve tranquille !.....
 c’est un bon  antidote !
"

vendredi 15 juillet 2016

CROISIERE SUR LA YING - UN INSTANT DE PAIX......

Après les horribles évènements survenus sur la cote d'Azur cette nuit.....  cet après midi, j'ai éprouvé le besoin de trouver une atmosphère de calme, 
La calligraphie ci dessous en est le résultat !
Ce n'est pas un chef d'oeuvre, mais cela m'a fait du bien !
...et même si elle tangue un peu, c'est vrai, elle traduit ma recherche de la sérénité. Mais comment rester calme dans ces moments là.
Photo MSG prise à Xi'tang.

J'ai choisi de reprendre un poème de Su Dongpo {Su Shi) et me suis souvenue de ma balade sur la rivière à Xi'tang...... du coté de Shanghai.



Croisière sur la Ying.
de Su Shi. (Su Dong-Po)
Voici la traduction de ce poème, par Maurice Coyaud, dans son anthologie.

En amont, la rivière est droite et limpide
En aval, sinueuse et ridée
De la barque décorée, je me penche sur le clair miroir
Souriant, je m'interroge : "Eh toi ! qui es tu ?"
Soudain apparaît une carapace écailleuse
Qui trouble ma barbe et mes sourcils
Les disperse en cent Dong-Po
Un moment après, me voilà derechef ici !

Note : avez vous remarqué la différence essentielle dans la forme générale  des bateaux anciens et traditionnels européens et celle des bateaux chinois ?
Et bien, les nôtres ressemblent à des poissons, tandis que les leurs ressemblent plutot à des oiseaux ou à des canards.  quand ils ne sont pas transformés en dragons........
Pour en savoir plus, voici un site fort intéressant à lire  concernant leur morphologie :

En ce qui concerne la Yinghe river...... ce n'est pas une évidence de la trouver. Comme elle passe à Fuyang, j'ai du aller sur googlemap. repérer l'Anhui puis la ville pré -citée. Cette rivière, qui pour nous serait un long fleuve,  se jette dans la Huai, rivière située entre le Fleuve Jaune et le Yangtsé...... j'ai cherché désespérément des cartes, et finalement, vous la trouverez là :


A quand un atlas qui nous permette, en Europe, et de façon simple, de repérer la géographie détaillée de la Chine sur des cartes !

samedi 6 février 2016

BONNE ANNÉE DU SINGE ET JOYEUSES FÊTES DE PRINTEMPS !

 Je vous souhaite de joyeuses et sereines fêtes de Printemps ! 
Cette année est celle du singe.   
Le caractère singe

C'est l'occasion de se souvenir, ou de découvrir, que le rhinopithèque doré du Yunnan (singe au nez retroussé), une espèce de singe vivant presque exclusivement en Chine , est menacée.  Elle est considérée, comme le grand panda, comme un trésor national.
Cet animal a une somptueuse fourrure, mais aussi de fort jolies dents ! Il ne fait peut être pas très bon de l'approcher de trop près. Son pelage est magnifiquement coloré, et il possède des lèvres pulpeuses  surmontées d'un curieux nez !
Ces animaux extraordinaires vivent  dans la région difficile d'accès  de Diqing, dans la province du Yunnan.
Serait-ce ce genre d'animal que j'aurais photographié dans la maison Wang, dans le Shaanxi ?
Sur un escalier de cette magnifique demeure, qui avait plus l'allure d'une ville que d'une habitation, figuraient les signes du zodiac, polis par les mains des visiteurs de passage.
Cet animal tient une place non négligeable dans la littérature chinoise. (Le voyage d'occident - Le singe pélerin etc.....)
la guenon porte son petit sur son dos.

Cet escalier conduisait à une terrasse. Sans doute devait on y célébrer la fête de printemps ,
春节(Chunjie),
y contempler la lune et les étoiles, car cette terrasse était nue et de dimension modeste.......

Je monte cet escalier un peu raide en m'appuyant sur les animaux du zodiaque chinois

C'était véritablement un lieu magique que cette habitation d'un grand mandarin, avec ses longues ruelles, ses embrasures en forme de lune, ses locaux divers, ses sculptures et bas reliefs multiples, ses claustras, ses remparts... J'imagine, l'intense activité qui devait régner dans les cours, les ruelles et les constructions diverses.......

mercredi 30 décembre 2015

MON BEAU CADEAU DE NOEL

 Parmi les cadeaux que j'ai eu le bonheur de recevoir à Noel, celui-ci me va droit au coeur : il s'agit d'une boite précieuse, cartonnée,  que ma chère fille aux doigts de fée a confectionnée pour que je puisse y ranger le beau rouleau de calligraphie de Ma Hong, dont je vous ai déjà parlé quelques posts plus loin.
Il s'agit du texte de l'oeuvre  la plus célèbre de Fan Zhongyan (célèbre écrivain et courageux fonctionnaire de l'époque des Song) :
Le Pavillon de Yueyang 岳陽 樓 記 

 Cet essai illustre l'immensité du lac Dongting, décrit  les pensées des fonctionnaires et poètes exilés, et se termine par une exhortation confucéenne :
«Soit le premier à supporter les difficultés et le dernier à profiter du confort."

先 天下 之 憂 而 憂, 後 天下 之 樂 而 樂 


 Comme vous pouvez le voir, l'ensemble est harmonieux et la calligraphie est ainsi mise à l'abri.
J'ai trouvé charmante la solution quelle a trouvée pour  la fermer, avec des perles, car elle ne disposait pas de petits accroches en os comme on  en voit traditionnellement sur les boites chinoises. 
N'ayant pas de brocard, elle a avantageusement remplacé les tissu par un beau coton tapissier.

mercredi 23 décembre 2015

REHABILITER TSEU HI, L'IMPÉRATRICE DOUAIRIÈRE CIXI -


Je vous recommande le livre cité dans le post précédent : 
L'impératrice Cixi 
par Jung Chang, 
chez Lattès.

La première raison, c’est que je l’ai trouvé intéressant et très documenté. Il n’y a pas moins de 19 pages consacrées aux références d’une bibliographie serrée, diversifiée et diplomatique aussi,  ce qui prouve le sérieux de l’entreprise ! 
Photo MSG - un pavillon du palais d'Été à Beijing, lieu chargé du souvenir de l'Impératrice.
La seconde, c’est que l’auteur, se  fondant sur des documents depuis peu disponibles,   a étudié le sujet pendant plus d’une dizaine d’années et au plus haut niveau.
La troisième, c’est parce que nous savons tous que si les révolutions bouleversent les ordres établis - ici, un ordre fort ancien -  elles commettent aussi d’importants dégats collatéraux, n’hésitant pas à trainer trop facilement dans la boue les figures de proue des gouvernants précédents quitte à les réhabiliter quelques générations plus tard. 

Salir l’image de Cixi, arrangeait beaucoup de monde. D’abord, c’était une femme qui s’arrogeait le pouvoir ! Depuis Wu Zetian (624-705ap JC), cela était totalement  exclu de la pensée chinoise ! Pourtant, et c’est tout à son honneur, Tseu Hi  se refusait à enfreindre les lois du protocole régissant la place de la femme ! 
 (La première place, et je ne vous apprends rien,  était réservée aux hommes et, dans l’ombre de cet ordre établi, les eunuques avaient beaucoup de pouvoir ! )
Je pense, pour ma part,  que les évènements n'auraient pas évolué de cette façon pour la Chine si Cixi n'avait pas été écartée du pouvoir à l'avènement de l'empereur Guangxu
, lequel, élevé, dans une éducation des plus traditionnelle, n'avait pas l'ouverture d'esprit de sa tante pour faire front à l'évolution du monde et aux attaques japonaises et européennes. Les personnes sur lesquelles il s'appuya n'étaient hélas  pas à la hauteur des évènements graves qui mirent la Chine dans une position des plus alarmante. Lorsque l'impératrice  reprit les rennes, les jeux étaient hélas déjà joués. 
Portrait de l'Impératrice Cixi ou Tseu Hi, comme il vous plaira.......

Le monde du 19 ème siècle et du début du 20ème était en pleine mutation. Déprécier le gouvernement  de Tseu Hi,  faisait l’affaire des  asiatiques (chinois désireux de régner et japonais cherchant l'hégémonie) et des européens !
Notons que le peuple, lui, s’était montré fidèle au “Vieux Bouddha”, y compris durant les moments sombres ! (tel  est le nom qu’il accordait à Cixi Impératrice Douairière).
Aujourd’hui,  à l’heure ou la Chine se mondialise, il semble important, de mon point de vue, d’apprécier à son juste niveau le souvenir de cette femme d'exception.  Elle avait l'étoffe d'un "Empereur" mais, les contraintes diverses qu’elle a dû subir ne lui permirent pas de pousser aussi loin qu’elle l’aurait voulu la transformation de son pays vers la modernité. Elle a cependant le mérite d’avoir fait les premiers pas.
J'ai appris aussi dans ce livre, et peu de gens le savent, qu'elle préparait le terrain pour que puisse s'établir une monarchie institutionnelle. Quelle innovation !
Le caractère dragon exécuté par Cixi ou par Wu Yunwu - commandant général à Hangzong au Shanxi ?
Mon livre de calligraphies écrit par Gao Changshan, images de Cai Cheng, me l'indiquait comme étant une oeuvre calligraphiée par Cixi, mais le Maitre de Calligraphie veille qui a corrigé l'erreur. Xie xie ni !
On peut imaginer soit qu'elle l'ait acheté, soit qu'elle l'ait calligraphié en se servant de ce  modèle......
 Le premier qui trouve a gagné !
 170 cm x 80 cm
mais alors, de qui sont les oeuvres que l'on trouve sur :

toutes attribuées à L'impératrice !
Cixi aimait les arts et pratiquait la peinture et la calligraphie avec talent. 
le theatre du Palais d'été
Passionnée d'Opéra Chinois, elle fit tout ce qui était en son pouvoir pour rénover le genre, lui imposant une forme artistique sophistiquée, tout en préservant son coté ludique. C'est ainsi qu'elle contribua, au Palais d'été, à élever l'Opéra de Pékin, au rang "d'opéra national Chinois".  
j'ai fait cette photo au Palais d'Eté, près du pavillon exposé en haut de post. Pourquoi l'ai je postée ? Par ce que c'est une des rares endroits, dans toutes mes visites en Chine où j'ai pu entendre chanter des oiseaux..... chacun sait que Cixi trouvait que le chant des loriots s'accordait bien avec l'opéra chinois...... cet oiseau  n'est pas un loriot, mais c'est tout comme ! Quel endroit charmant.......

Je voulais aussi mentionner ici, le fait qu'en bonne Manchoue, Tseu Hi a refusé que se perpétue la tradition qui voulait que l'on bande les pieds des  femmes Han ! Cela fut pour les femmes chinoises en même temps qu'un grand soulagement, une première libération !
On possède des portraits mais aussi des photos de l'impératrice qui n'hésita pas  à se faire photographier  ...... Malheureusement, elles ont été prises à un âge avancé ! Mais n'est ce  pas là aussi une innovation  de taille !

mardi 10 novembre 2015

USAGE DES PINCEAUX CHINOIS

 Le temps tourne, la pratique de l'encre s'affine. Je passe au pinceau en poils de chèvre beaucoup plus souple que mon pinceau habituel et donc plus adapté à l'exercice du xingshu et du xingcao....
ici un colophon de l'oeuvre de Zhang Mengfu..... que j'ai travaillé au pinceau en poils de chèvre....

Selon un conseil qui m'a été donné,  j'ai d'abord mouillé mon pinceau à l'eau claire avant de prendre l'encre.
Désavantage : l'encre est plus fluide et a tendance à davantage diffuser dans  le papier. 
Avantage : le pinceau se nettoie mille fois mieux après le travail. Je vais donc poursuivre mon expérience. 

Quant à la traduction de ce colophon, mille excuses, 
mais je n'ai pas pris  le temps d'y travailler !

samedi 7 novembre 2015

ZHAO MENG FU - COULEURS D'AUTOMNE SUR LES MONTS HUA ET QUE

Vous vous souvenez certainement que j'avais posté une oeuvre particulièrement belle : le long rouleau de "la promenade au bord de la rivière le jour de la fête de Qingming". 
Il se trouve au musée de Taipei 
Par contre, je ne sais plus si c'était sur ce blog ou sur "Truffeetcompagnie !"
Voici l'occasion de vous présenter un autre chef d'oeuvre, le rouleau de Zhao Meng Fu  趙孟頫 dont s'est inpirée mon amie. 
L'original  se trouve aussi au musée de Taipei. Son titre :
"Sè qiū huā què"    
色秋華鹊
couleur automne (aux monts) Hua : ( ancien nom de la Chine - magnifique)  (et) Què : Pie (l'oiseau)


Titre figurant en debut de rouleau. Le nom du deuxième mont est different de celui que l'on trouve dans les livres d'art où il est nommé Qie. Si quelqu'un peut m'expliquer..........
A gauche verticalement : " Qianlong yu3 bi3"

L'oeuvre originale de Zhao Menf Fu, Couleurs d'automne sur les monts Hua et "Qie",  est visible en detail à cette adresse :


Une fois la page ouverte, vous cliquez  sur le rouleau qui s'affiche et vous pouvez le faire dérouler en  plein écran.
Au delà de la peinture qui est magnifique, ce qui m'intéresse, ce sont aussi toutes les  belles calligraphies inscrites en amont et en aval de la peinture, et  les innombrables sceaux   des différents propriétaires ou amis.

Une belle occasion d'exercices calligraphiques
note : le Mont Hua (à 120 Km de X'ian) est une des cinq montagnes sacrées de la Chine. Il comporte plusieurs sommets dont l'ascension est vertigineuse  !
A voir sur le site :