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mercredi 16 juin 2021

CULTIVER LA BEAUTE….. DANS LA POESIE CHINOISE

En bon romantique, Alfred de Musset, écrivit dans sa “Nuit de mai” :

«Les plus désespérés sont les chants les plus beaux

Et j’en sais d’immortels qui sont de purs sanglots !»

 

 Basta !

Halte à la culture du marasme et de la mélancolie ! Nous avons besoin de retrouver “nos forces”, dans la beauté,  la gaité,  l’optimisme ! ! 


Voici donc quelques photos prises par mes soins à deux pas de la maison. J’ai souhaité les accompagner de poésies chinoises……

Photos Msg@21 - non libres de droits

Mais voilà le HIC ! : la gaité   est plutôt rare dans les livres de poésie chinoise proposés dans nos magasins, même spécialisés ! Je dirais même que cette poesie redevient  "invisible"  à ce jour dans beaucoup d’entre eux, au profit des livres japonais ! 

Ce qui m'énerve au plus haut point !   

Ne venez pas vous plaindre, messieurs les libraires, car Force nous est de devoir commander par le net !…. En tout cas c'est ce que m'a répondu une vendeuse lorsque j'ai voulu lui passer une commande en 2019 ! Depuis, j'ai du suivre son conseil.....


Parmi les livres de poesie chinoise que je possède,  (je les ai  achetés pour la plupart, dans les années 2006 à 2015 environ...…) Il y a surtout les oeuvres de poètes Tang et Song.....Certes ils sont très beaux, mais cependant, le "ton" de leurs contenus n'est souvent  pas à l'optimisme..... Certes il y a des "bijoux", mais aussi énormément de spleen, voir de tristesse !

Bref, malgré tout,  ils ont porté à notre connaissance un florilège de ce qu'ils avaient de plus beau ! Xie xie ni !


Mais je me suis demandée  aussi  si nos amis asiatiques  ne nous considéraient  pas comme un peuple “morose” ?

En deux mots : "Romantique" ! Si c'est le cas, il faut leur expliquer qu'on a bien évolué depuis le 19ème siècle ! 


A force  de chercher, j’ai fini par   trouver  deux oeuvres evoquant mon choix...   avec difficulté   !

 La  première est de Du Fu


Quatrain , 

“Que de fleurs! En boutons, en désordre….

“Que d’envols ! Tant d’abeilles, de papillons….

“J’habite à l’écart  paresseux ou actif

“Un visiteur arrive…. Que désire-t-il ? 


Traduction de Daniel Giraud - Anthologie les yeux du dragon. P111 - ed Points




Et puis voici le second dont vous apprécierez surement la   “chute” optimiste !…… 


Quatrain de Wang Jia.

“Avant la pluie les fleurs ont leurs corolles à peine ouvertes

“Après la pluie les pétales sous les feuilles ont disparu

“Papillons et abeilles passent de l’autre coté du mur

“Le printemps envolé demeurerait-il chez le voisin ?”


Ref. François Cheng - “L’écriture poétique chinoise” p 173 

Ce quatrain est de Wang Jia* -   originaire de Ho-Zong dans de Shanxi  il a vécu au IXe siecle.- Il semblerait que ce fut un bon vivant !



*A ne pas confondre avec   Wang Jian….!


dimanche 30 mai 2021

....ENFIN LE PRINTEMPS

 Ah il se sera fait attendre ce printemps, et moi avec...

Me voilà de retour dans ma chaumière. Sous le soleil le village est resplendissant et l'air se réchauffe ! 

Les oiseaux font un tintamarre pas possible, mais c'est plutot positif

Les fleurs sont peut-être un peu moins abondantes mais elles n'en sont que plus belles......
La mare  s'embellit de jour en jour !

c'est l'occasion de dire se poème tout à fait approprié à la situation :

Printemps qui vient…

Elodie Santos

Printemps qui vient fleurir le temps
arrive un jour sans qu’on le voit venir
Printemps qui vient comme le vent
souffler sur l’hiver et le faire partir
Printemps qui vient renaître à nouveau
nous caresser la peau et nous faire sourire
Printemps qui vient avec la Douceur
accueillir le Soleil qu’on avait oublié
Printemps qui vient nous réchauffer
arroser les jardins, faire jaillir les fleurs
Printemps qui vient nous dire Je t’aime
Afin qu’on puisse tout recommencer

Elodie Santos, 2009 

Photos Msg@21

mardi 4 août 2020

REPOS - AUTRE POEME DE HAN SHAN

  • Le temps des vacances appelle au repos. 
voici donc un second poeme "chan"  très évocateur ......

Repos

Han Shan perche dans un endroit retiré

Rares sont les intrus du monde vulgaire


Quand dans la forêt il rencontre un oiseau, 

Ensemble ils chantent le chant de la Montagne


Les plantes bénéfiques relient les vallées

Les pins antiques s’accoudent aux rocs abrupts


Regardez cet homme, libre de toute activité

en train de se reposer sur un rocher !


Traduction Cheng Wing Fun et Hervé Collet - Editions Moundarren

dimanche 7 juin 2020

A L'OCCASION DE LA FÊTE DES MERES

Quelle belle occasion que la fête des mères, pour mentionner le très célèbre poème de Meng Jiao que j'étudie en ce moment.....
Chant d’un voyageur 
Meng Jiao (751 – 814) 
Bien qu'il fut très prolifique en écriture, ce poète discret et probe n'a pas eu de son vivant les honneurs ni la reconnaissance brillante de certains de ses collègues. A cela différentes raisons, sociales, historiques et personnelles que vous trouverez en consultant la toile.


ci dessus, mes humbles travaux.........
 Ces vers, les voici, dans la traduction de Shi Bo :
遊子吟-孟郊 781/814
慈母手中線
遊子身上衣
臨行密密縫
意恐遲遲歸
誰言寸草心
報得三春暉

"La  tendre mère manie un fil
Elle coud un vêtement pour son fils voyageur
Point par point elle serre l’aiguille avec vigueur
En prévision de sa longue absence
Qui dira que l’herbe est trop minuscule pour garder
un grand amour dans son cœur ? 
Il peut récompenser le soleil avec un printemps radieux"

Je pense  qu'il est extrêmement difficile de le traduire de manière satisfaisante et laisse cela aux spécialistes ! . Mais rien ne vous empêche cependant d'essayer !
Pour ma part, je me contente "d'exercer mon pinceau" ce qui est déjà une gageure et nécessite pas mal d'entraînement pour arriver à un certain " lâcher prise" ! ......restons modeste !
Je trouve ce poème particulièrement rare, par son thème et par l'émotion qu'il suscite ! Et vous, qu'en pensez vous ? 
Chers lecteurs familiarisés à la poesie antique chinoise, je suis sure que vous serez de mon avis ! car rares sont les occasions ou l'amour maternel est ainsi évoqué dans les innombrables poèmes de l'Ancienne Chine.


Quant à ces vers je les  dédie, ce jour,  avec "mes belles pivoines", à ma fille et par elle à la tendresse désintéressée de toutes les mamans !


dimanche 31 mai 2020

REFLEXION POETIQUE AU 18ÈME SIECLE

Au jardin de la poésie chinoise, bien sûre, il y a un âge d’or (je ne vous apprend rien) : celui des poètes Tang dont on trouve de multiples traductions, que ce soit par les livres ou par internet ! 
Mais je trouve que c’est un peu au détriment des autres époques …….
Vous me direz qu’en Chine, ce doit être pareil ! 
On y traduit Baudelaire, mais connait-on Ronsard ? 
Le sujet est si vaste qu’il reste bien souvent "chasse gardée" de quelques érudits ou spécialistes, ou encore de chanceux universitaires !
Bref pour un autodidacte c’est pas facile ! Personnellement, j’en fais l’expérience depuis plus de 10 ans ! …mais je suis opiniâtre ! 
Je commence à avoir une petite bibliothèque assez variée! J’ai pu l’acquérir  lors de mes voyages à Paris ou encore par le net ! Merci le net !
Parmi les propositions littéraires faites aujourd’hui aux gens de ma sorte, les éditions Mounddaren sont en bonne place, qui proposent pas mal de choses asiatiques de différentes époques sous une forme d’autant plus attractive qu’ils  sont bilingues. Et ça, c'est un plus !
Je me suis penchée ces jours derniers sur l’oeuvre d’un poète de l’époque Qing et je me suis bien régalée……. Il s’agit de Yuan Mei : “Les plaisirs de la Villa Sui” - Règne de Qian Long (18e siècle)-
Ce fut un beau “voyage” dans le temps et dans sa poésie !
J’aime beaucoup son état d’esprit, son exigence de liberté, son indépendance de pensée…. Son amour des textes. Brillant, il le fut, mais surtout il faisait preuve d’une grande clarté de jugement, faisant fi de la  lourdeur des règles qui régissaient la société de l’époque et restant Han, envers et contre les institutions et la culture Mandchoue qui alors était imposée.
Il abandonne assez vite la carrière administrative qu’il trouve peu attractive pour s’adonner à ses seul plaisirs : la poésie, les voyages, et à ses activités  culturelles où il excelle.
Il aménage sa villa dans cette perspective tout en  ne dédaignant pas, hôte attentionné,  la qualité de sa cuisine . Il en tirera même un livre ! tout comme Su Shi ! Il devient aussi son propre éditeur.
A Nanjing, où il est  installé, il reçoit tout ce qui “compte” parmi les lettrés de passage, faisant  montre là encore d’une belle indépendance. 
Son “ouverture” à la culture des femmes m’a séduite ! Défiant les règles confucianistes  en cours à ‘époque, Il acceptait de les former à la poésie ce qui lui valut certains sarcasmes.
知心能 相聚  喝水也心甜
Avec les vrais amis, même l’eau que l’on boit
Ensemble est particulièrement délectable.

Sorte de “globe trotter,” il sillonne les grands territoires de son pays du nord au sud et de l’est à l’ouest. Il “gravit” les monts sacrés avec l’un de ses fidèles serviteurs jusqu’à un âge avancé ! Un poeme exprime son désagrément dans les nuages des Han Shan.....
Quelle belle leçon !.... et il ne cesse jamais de relater tout cela. 

Je terminerai par la citation de deux de ses poèmes -traduits par Chen Wing Fun et Hervé Collet - qui évoquent la persistance de la mémoire et l’amour des belles lettres ! 
Arrivés à “un autre âge” , on a toujours l’occasion de “revivre” ses émotions passées, et il le prouve :
 Exprimant mes sentiments
Jeune j’aimais les livres
J’examinais méticuleusement chaque phrase
Si, décrépit, j’aime toujours les livres,
C’est plus pour me distraire et en saisir le sens général 
même si ce que je viens de lire aussitôt je l’oublie,
Tout ce qui a défilé devant mes yeux est devenu une partie de moi-même
Le goût des livres est au fond de ma poitrine,
Plus suave que celui d’un vin vieux. 

 Me Sentant comblé
Pourquoi dire que le temps passé ne revient pas ?
Sentiments et scènes de ma jeunesse sont sertis dans mes poèmes
La lueur d’une lampe, la couleur d’un vin, le rêve d’une nuit printanière,
A mesure que je fredonne, mes poèmes se raniment.....


(ed Mounddaren  - “Divers plaisirs à la Villa Sui”
a lire absolument !

mercredi 26 juin 2019

LE RÊVE DU PAPILLON DE ZHUANZI

C’est la saison des papillons qui virevoltent de toutes parts…… dernièrement, je suis partie  à leur rencontre dans les friches autour de chez moi,….. et me suis bien fait plaisir à les observer….. De fil en aiguille m’est revenue à l’esprit l’ idée du choix d’un texte pour accueillir mes amis calligraphes…… et pourquoi pas celui fameux de Zhuangzi ? 

Le rêve du papillon.

Photos prise sur le net. Papillon de Lune - Actias selene

Oui chers visiteurs, rien que ça ! Quelle prétention allez vous dire !……..

Tout  doux…..restons “Chan” ! Je vous rassure tout de suite ! D’abord, mes amis calligraphes sont des personne rares et cultivées qui réfléchissent avec “profondeur”.
Ensuite, je me suis appuyée sur une traduction de Tchang Fou Jouei* , aux editions You Feng, qui, je l’imagine, sait de quoi il parle ! (même si certains le décrient ) 
La critique est facile mais l’art est difficile…… ! !!!!!!!!!


La compréhension partielle de ce texte célèbre du IVe siècle av JC passe par des traducteurs hautement qualifiés, j’en ai bien conscience, et loin de moi l’idée de l’entreprendre……. même si j’ai cherché dans les dicos la traduction des caractères……. d’ailleurs, un chinois moyen ne s’y aventurerait pas lui-même ! C’est une affaire de spécialiste hautement qualifié !
Ma di na : wu wei

Quoiqu’il en soit, dans ce monde de “paraîre” et de “course au profit” que je fuie autant que faire se peut, cela m’a fait du bien de retourner à la méditation ! 

Et même, pourquoi pas pratiquer le WU WEI.
Ma di na - wu wei en sigillaire
               

Cette experience m’a permis de vérifier aussi (mais je l’avais déjà compris depuis quelques années) que l’écart d’ériture est considérable entre la rédaction d’un texte écrit au 4e siècle av J. C. et celle du même texte rédigé dans la langue d’aujourd’hui ! Le traducteur passe de 77 caractères en chinois antique à 117 en chinois contemporain……  ça n’est pas rien !

Page du Zhuangzi - editions Youfeng
cliquez sur l'image pour l'agrandir
Traduction donnée dans le manuel : '« Tchouang Tseu rêva qu’il était papillon, voletant, heureux de son sort, ne sachant pas qu’il était Tchouang Tseu. Il se réveilla soudain et s’aperçut qu’il était Tchouang Tseu. Il ne savait plus s’il était Tchouang Tseu qui venait de rêver qu’il était papillon ou s’il était un papillon qui rêvait qu’il était Tchouang Tseu...!

Petit plus pour vous faire plaisir…..



Au cours de mes recherches j'ai rencontré  ce superbe poème d’Alphonse de Lamartine  que je me fais ici le plaisir de  citer…..  même s'il n'appartient pas au propos !

Le papillon
"Naître avec le printemps, mourir avec les roses,
Sur l'aile du zéphyr nager dans un ciel pur,
Balancé sur le sein des fleurs à peine écloses,
S'énivrer de parfums, de lumière et d'azur,
Secouant jeune encore, la poudre de ses ailes,
S'envoler comme un souffle aux voûtes éternelles
Voilà du papillon le destin enchanté !
Il ressemble au désir, qui jamais ne se pose,
Et sans se satisfaire, effleurant toute chose,
Retourne enfin au ciel chercher la volupté ! "
(Nouvelles méditations poétiques)

Et puis, papillonnant ici et là j’ai cherché des papillons chinois…. Et suis tombée sur le papillon de lune si prisé au pays de l’Empire du Milieu….. (illustration en tête de post)

 Bibliographie :
°ZHUANZI” édition You Feng. bilingue - Initiation à la langue chinoise à partir d’extraits du Zhuangzi.

Autre référence :

“Le rêve du papillon “- Chez Albin Michel - Traduction de Jean-Jacques Lafitte - collection Spiritualités vivantes. Texte et notes uniquement en français -

"Leçons sur Tchouang-Tseu "- par Jean François Billeter - Editions Allia - 
"il y a cent façons de lire le Tchouang-tseu, mais il n'y en a en principe qu'une bonne : celle qui saisit dans cette oeuvre et dans chacune de ses parties, avec assurance et pécision, le sens qu'y a mis l'auteur lorsqu'il l'a écrite". 
Extrait du livre : "TchouangTseu et Lao Tseu s'étant trouvés associés dans une même catégorie bibliographique, on les a peu a peu pris comme les représentants  d'une même école philosophique. ce qui est absurde parce qu'une telle école n'a jamais existé. et parce qu'ils défendent sur des questions essentielles, des points de vue diamétralement opposés .  Le point sur lequel leur incompatibilité est la plus totale  est que, selon le LaoTseu, la réalité a une source ou une origine  alors que pour Zhuang Tseu , elle n'en a pas. Cette différence est fondamentale du point de vue philosophique, elle l'est aussi dans ses conséquences politiques et religieuses......"                      voir la suite dans le livre !

lundi 14 janvier 2019

HAN SHAN LE NON CONFORMISTE.......


Han Shan, ermite de la Montagne Froide,  a vécu à l’époque des Tang....... mais sa mémoire est restée Longtemps dans l’oubli.
Il n’a été “re-découvert” qu’au XXe siècle nous dit un site...... 

Pourquoi ?
Par ce qu’il n’a pas laissé sa trace sur des livres, mais sur les rochers et les montagnes où il vivait en ermite...... 
Pourquoi ? 
Par ce qu’il n’entrait dans aucun moule, et cultivait un non conformisme total !
Depuis son ermitage situé dans le massif du Tiantai (“la terrasse du ciel” province du Zhejiang 天台山), il parvenait à survivre grâce à son ami et compère, Shi De, lequel officiait dans les cuisine du temple bouddhiste Ch'an tout proche. 
Un supposé portrait de l'ermite...
Les portraits qu’on a d’eux sont pure invention mais la marque laissée par cet ermite est telle qu’on ne peut l’ignorer. 
Je pense que la pensée de Han Shan reste aujourd’hui,  “dérangeante.... parce que trop "libre", d’où le peu de documentation, qu’on peut trouver sur lui, en langue française..... en livres et sur la toile.
Elle présente pourtant une grande profondeur sous un discours simple qui peut sembler naif, mais ne l'est  jamais.

Pas question pour cet esprit insouciant et libre, excentrique en diable, voir illuminé, de devenir moine.  Anne Cheng nous dit : “son bouddhisme fut fondamentalement d'esprit “chinois” (bouddhisme Ch’an) et ne doit rien au bouddhisme himalayen. “ 
Ce que j’aime chez lui, c’est ce soucis de rester libre,  à l’écart de toute empreinte religieuse.... A ce sujet, il est intéressant de lire la préface de Hervé Collet, dans le volume consacré au poète aux éditions Mounddaren : 
“Merveilleux le chemin de Han Shan”. (Cheng Wing fun et Hervé Collet)

Nous avons calligraphié ce poème lundi dernier, avec des amis... 
Ce qui me convient tout à fait dans ce texte, c'est que sa "philosophie" en dit long sur la place exacte que peut occuper l'humain dans le cosmos.....



Voici sa traduction :
Chez Moundarren - par Hervé collet :

L'homme vit dans la poussière et l'ignorance
Comme une chenille dans un bol.
Toute la journée il tourne en rond,
sans jamais sortir de son bol.
L'immortalité comment l'atteindre,
si les soucis jamais ne l'épargnent ?
Mois et années comme l'eau s'écoulent,
Un instant, c'est déjà un vieillard.


cliquer sur les documents pour les agrandir
Pour ma part, je garde précieusement, sur ma table de chevet, un petit livre impérial illustré par Shi Bo. Ce livre qui m'emmène très loin, contient de ravissants poèmes de l'excentrique ermite, mais aussi me rappelle que ma place sur cette planète est une infime poussière parmi tant d’autres !

Sans souci - livret imperial original contenant des poèmes de Han Shan, traduits et illustrés par Shi Bo

samedi 29 décembre 2018

ET SUR TRUFFE ET COMPAGNIE...... UNE PETITE POESIE......

Photos perso......
A découvrir Sur truffe et compagnie..........
voir lien dans la marge !

Bonne fin d'année 2018 !

mercredi 16 mai 2018

DE LA POESIE 诗 - shī (traditionnel 詩) À LA POESIE cí 詩 - (chinois traditionnel 詞)


C’est en étudiant un poème de Xing Qiji, poète de l'époque des Song du sud, que j’ai pris conscience de la différence essentielle entre ces deux types de poèmes : shī  詩  et cí 詞.
...et vous, la connaissez vous ?
Epreuve d'étude de : "Voyage nocturne sur une route de sable jaune... "(extrait)
calligraphie Ma di na.

En quelques mots, la forme shī 詩  est  la plus ancienne, elle fut largement utilisée par les poètes Tang. Elle  se présente sous forme de vers réguliers répondant à des règles strictes.  Il suffit pour en découvrir les secrets de lire l'incontournable livre de François Cheng : l’écriture poétique chinoise chez Seuil. L’auteur y analyse de façon très claire, la structure de ces vers.

A la fin de la dynastie Tang, un poète marginal, dont la vie fut assez dissolue, eut l’idée de mettre de la musique sur ses vers, et cela donna cette forme qu’utilisèrent largement les poètes Song :  les poèmes cí 詞.
Ce poète avait pour nom Wen Tingyun  - 庭筠
Si vous étudiez la poésie Song vous remarquerez que les vers sont le plus souvent irréguliers*. Ils répondent bien sure à des règles strictes, et suivent la mélodie sur laquelle on les chantait. Ces musiques étaient originaire d’Asie centrale ou provenaient plus simplement de chansons en vogue dans les territoires des Song du Sud et chez les courtisanes . Hélas, beaucoup  ont été perdues) 
On comprend alors pourquoi  l’on retrouve le même rythme, lorsqu’il y a plusieurs strophes. 

A ce sujet, je vous invite, si vous ne le connaissez pas déjà,  à visiter le site “Vent du soir” de Bertrand Goujard, dédié à la poésie chinoise tardive (mais pas que.......)

Parmi les plus célèbres poètes Song utilisant la forme ci, notons Li Qingzhao, Su Shi, Lu You, Xing Qiji et bien d’autres.

Pour finir, je ne puis m’empêcher de terminer cet article par une poésie de l’initiateur de cette forme, Wen Ting-you, dans la traduction de François Cheng :
GENG LOU ZI

Longues tiges de saules
Fine pluie de printemps
Par-delà les fleurs, lointains échos de la clepsydre
Effrayées : oies sauvages hors des passes
Envolées : corneilles sur les remparts
Surgi du paravent peint, un couple de perdrix d’or !

Brume parfumée
Infiltrée dans la gaze
Pavillon sur l’eau ou rôdent les plaisirs d’antan
Tourne la bougie rouge
Le rideau brodé est baissé
Long rêve de toi : tu ne le sais pas !

mercredi 1 novembre 2017

LE CHRYSANTHEME EST UNE FLEUR DE LONGÉVITÉ.........LES CONTEMPLER , MAIS PAS SEULEMENT......


Puisque la fête du double neuf vient juste d’avoir lieu (28/10/17), et que les chrysanthèmes sont à l’honneur , j’ai pensé que c’était l’occasion  d’accompagner par quelques photos de ces fleurs somptueuses, si prisée des chinois, le poème de  Tao Yuanming (365/427)

飲酒詩
En buvant du vin.



秋菊有佳色,裛露掇其英。
泛此忘忧物,远我遗世情。
一觞虽独尽,杯尽壶自倾。
日入群动息,归鸟趋林鸣。
啸傲东轩下,聊复得此生。

Tao Yuan Ming 陶淵明

 En buvant du vin
En automne les chrysanthèmes ont des couleurs ravissantes
Je cueille les fleurs imprégnées de rosée,
Et m'abandonne à la chose* qui chasse les soucis
S'estompe même ma sensation d'avoir quitté le monde
Une coupe, seul je bois
La coupe se vide, je verse le vin du pichet
le soleil se couche, l'agitation cesse
De retour dans la forêt les oiseaux chantent
à l'aise je siffle dans la véranda de l'est,
content de jouir du plaisir de la vie.
    *la chose : il s'agit de vin de chrysanthème.
POUR PROFITER DES FLEURS, CLIQUER SUR LES PHOTOS !

TRADUCTION donnée par Moundarren éditeur sous le titre 
Tao Yuan Ming, l'homme, la terre, le ciel.
Cette ligne d'édition est  précieuse et riche en diversité en ce qui concerne la poésie chinoise,  et surtout, elle a l'avantage d'être bilingue ! Merci aux traducteurs Cheng Wing fun et Hervé Collet. 

photos MSG.