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dimanche 28 novembre 2021

VOUS CHERCHEZ À VOUS CHANGER LES IDÉES : UN ROMAN QUI VOUS DEPAYSERA !

 C’est sous le nom de Oswald Wynd que Gavin Black éditera ce roman lequel tranche avec ses thrillers par le sujet et par le contenu ! Il s'agit de : 

                                        “Une odeur de Gingembre”. 

Je ne puis que vous le recommander si vous êtes en quête de dépaysement…… pour ma part, j'y ai trouvé un bon "passe temps" loin des contraintes et des harcèlements mediatiques de toutes sortes dont nous sommes abreuvés !

Editions Folio

L’action se situe , en extrême Orient. Elle commence en1903, après la révolte des Boxers… Le lecteur  est invité dès le début du roman à suivre   les pérégrinations et   l’existence d’une jeune écossaise envoyée à Pékin pour y rejoindre et   épouser un jeune attaché militaire britannique qu’elle n’a rencontré qu’une fois et dont elle n’a aucun souvenir sinon celui très vague d’une photographie pas très nette…..  : Richard Collingworth.

La longue navigation - à bord du Mooldera - à travers l’Atlantique, puis la Méditerranée, le canal de Suez et les mers orientales est déjà un dépaysement en soi….. jamais ennuyeux et il en dit long sur ce que pouvaient être les grands voyages de l’époque…. 

L’arrivée de la jeune femme au sein de le légation étrangère de Pékin (milieu extrêmement codé et puritain ou cohabitent européens, russes et  japonais ) et tout ce qui s’en suit vous tient en haleine jusqu’au bout du roman….. 

Ce qui est extraordinaire c’est que l’auteur, plutôt spécialisé dans les romans policiers, a su, dans cet ouvrage  se glisser dans “la peau” de cette femme d’une manière étonnante….. de plus, étant né au Japon  et y ayant vécu - comme il a vécu en Chine - il avait de solides références pour construire le décor et décoder les us des uns et des autres : particulièrement dans  la partie du roman qui se passe    au pays du Soleil Levant…..

Je dois reconnaitre tout de même qu’une erreur m’a un peu choquée lorsqu’il   fait fuir  l’impératrice douairière  Cixi  au Palais d’été pour s’y réfugier !*…… alors que c’était à X’ian, qu’elle avait décampé déguisée en paysanne….. Malgré tout, la description de la maison qu’habite l’héroïne dans les hutong, de Beijing était bien traduite… Les trajets en pousse pousse aussi tandis que le mur de jardin orné d’un dragon m’a rappelé un certain jardin de Shanghai que j’ai beaucoup aimé…… 




Bref cette lecture es un dépaysement assuré qui nous emmène loin des lourdeurs de notre navrante actualité…..


*Note : pour info, à Pekin, le palais d’été se trouve à 12 km de la Cité Interdite et a été saccagé après la révolte des Boxers   par les troupes anglaise et française réunies……en représailles des assassinats perpétrés par ces boxers contre les missionnaires européens = chacun dans cette sombre période ayant  sa part d’horreurs !…… L’impératrice également qui le faisant rénover utilisa l’argent destiné à la restructuration de la  flotte chinoise….. pour construire ce bateau de marbre que l’on peut encore   visiter….. Ceci étant, ne faisait elle pas    un pied de nez magistral   à son entourage. CIxi étant un   personnage  des plus ambiguës….. voir photo ci dessous.....


vendredi 19 novembre 2021

ADIEU A MONSIEUR PIMPANNEAU

 Une petite citation de ce grand serviteur de la culture chinoise :

“ la différence entre professeurs et étudiants relève de la hiérarchie et toute hiérarchie est le cancer des sociétés humaines.» 

C’est Jacques Pimpaneau qui vient de nous quitter et qui ecrit cela ! Je partage son point de vue !


Jacques Pimpanneau - Photo provenant du Net

Cet homme possédait des talents multiples.... Ecrivain, professeur aux Langues "O", homme de théâtre mais aussi marionnettiste
La  disparition  de ce grand sinologue le 2 novembre dernier, est une grande perte, certes, mais  la richesse bibliographique qu’il laisse à son départ restera un bien précieux à ne pas négliger pour qui veut découvrir la culture chinoise !  

Beaucoup de ses parutions ont été “éditées par Picquier Poche - pages 79 à 81 du catalogue, chez Youfeng et quelques autres…. Et sont donc accessibles au grand public sous   format relativement économique…..

Ce qui fait que j’en ai quelques uns dans mes rayons…. Merci à eux !


A ne pas manquer non plus de lire l’article très bien documenté mis en ligne sur  

https://bulac.hypotheses.org/35541


Sous le titre : PORTRAITS D'ICI ET D'AILLEURS

PAR VINCENT DURAND-DASTÈS

Les Bonnes feuilles du disciple de Monsieur Kwok On, ou Jacques Pimpaneau et ses livres”


Vous pourrez aussi y visionner des documentaires filmés en Chine par le sinologue.

jeudi 4 février 2021

NOUVEL AN CHINOIS 2021 : C’EST LE 12 FEVRIER PROCHAIN……QU’ON CELEBRERA L’ANNÉE DU BOEUF.

 N’est-ce pas l’occasion de se souvenir d’une belle légende, où le buffle a son “mot à dire” : celle du Bouvier et de la Tisserande… 

牛郎. 

niú. láng.   /     zhī    nǚ

      Bouvier     /     Tisserande


Pour mémoire, cet animal paisible est arrivé second derrière le rat dans la course zodiacale, pour avoir transporté sur son front le malin rongeur qui sauta devant lui au moment de franchir la ligne d’arrivée….. cela n’enlève rien à la sagesse du bovin qui est apprécié pour  sa force et sa régularité au travail……

Le buffle est indissociable du Bouvier avec lequel il travaille dans les rizières…..


C’est la raison pour laquelle je vous propose cette citation de José Fresches…..  que j’ai relue   au début de la trilogie de son célèbre  roman  : “Le disque de Jade”.

L’auteur nous dit :

         “Dans les temps anciens, un jeune orphelin était en butte à la méchanceté et à l’avarice de son frère et de la  femme de celui-ci ! 

Il gardait un buffle doué de parole. Un jour, cet animal  qui  avait pris l’orphelin en pitié,  l’avait encouragé à quitter sa maison  en ne demandant à son frère, comme bien, que lui :  le buffle.  L’autre avait accepté.
Un matin l’animal avait alors conseillé au bouvier de se rendre au bord d’un lac situé de l’autre côté de la montagne. Là il verrait sept jeunes filles descendre du firmament pour s’y baigner. En volant les vêtements de la plus jolie, il l’empêcherait de remonter vers le ciel et pourrait l’épouser….

Le bouvier avait écouté le conseil du buffle et avait épousé une jeune fille aussi belle que le jour.
Quand le buffle fut sur le point de mourir de vieillesse, il conseilla au bouvier de conserver sa peau après sa mort. Il lui suffirait alors, lui dit-il, de la mettre sur ses épaules pour que ses voeux soient exaucés. 

Le couple avait deux enfants et vivait des années heureuses.

Cependant, le pauvre bouvier ignorait qu’il avait épousé la septième fille de la Reine Mère céleste : “la Tisserande des nuages colorés du soleil couchant”.

Devant l’absence de ces beaux nuages, la reine Mère Céleste entra dans une grande colère et vint s’emparer de sa fille pour la remettre sur son nuage céleste.

De retour de son champ et ayant constaté la disparition de son épouse, le bouvier revêtit la peau du buffle et émit le voeu de retrouver sa femme. Il fut d’un seul coup aspiré vers le ciel.

Alors la Reine Mère Céleste enleva une épingle de son chignon et, pour empêcher aux amants de se rejoindre, traça un trait immense dans le ciel. Désormais, les deux étoiles du Bouvier et de la Tisserande seraient séparées à jamais par un amas d’étoiles auquel on donna le nom de Voie lactée. 

Mais l’Empereur de Jade qui régnait sur l’univers dont il était à l’origine, eut pitié des deux jeunes gens que la voie lactée empêchait de s’unir. Aussi décréta-t-il que chaque septième jour du septième mois , la Tisserande et le Bouvier pourraient se rencontrer et s’unir sur le pont qui se formait, cette nuit là, par dessus la voie lactée, entre les deux étoiles les plus brillantes du Firmament.”

    Si vous ne l’avez pas encore fait, je vous engage à lire cette oeuvre dans son entier ! Vous ne vous ennuierez pas un seul instant…… L'action se passe à l'époque de la fondation de l'empire chinois, à Xian'yang capitale du royaume Qin*, non loin de la ville actuelle de Xi'an ..... au IIIe siècle avant Jesus Christ . Les livres s'écrivaient alors sur des tiges de bambou......

Les trois tomes du Disque de jade sont l'oeuvre de- José Fresches - brillant sinologue et  ex conservateur du musée Guimet section Chine....etc.

Un de mes régals par exemple, ce sont les noms que l’auteur donne aux personnages de l’entourage de l’empereur et autres subalternes !

Et ce que je trouve très malin c’est d’avoir mis en fin de livre la liste de ces noms et la fonction de ceux qui les portent, ex :

Accomplissement Naturel : le très sage conservateur du Pavillon de La Forêt des Arbousiers à la cour des Qin

Coupure de la ligne droite : le chef des ordonnances royales à la dite cour

Parfait en tous points : architecte au royaume des Qin….. etc etc….

Lubuwei : c’est le rôle principal de ce volume, l'homme  qui découvre et achète un merveilleux “Bi” noir constellé de paillettes d’or - il est éleveur de chevaux à Handan. Séduit par les petits Akkals appelés aussi chevaux célestes   il compte bien en faire l’élevage, mais pas que…… Je n’en dis pas plus…… gardons le suspens !


Extrait du Roman : Le disque de jade - tome 1 :  les chevaux célestes. P 23 et 24 - José Frèches - Texte intégral aux éditions Poket.  

Pour adulte, certains passages étant particulièrement érotiques.


Le nouveau timbre édité par La Poste en 2021
*c'est à Xian'yang que se situe le célèbre mausolée de Qin Shi Huangdi . Il a la forme d'une montagne. Il  n'a pas été exploré  car, dit on, s'y trouvent des pièges destinés à décourager les visiteurs indésirables. 
Non loin de ce site, le musée abritant  l'armée de terre cuite.
José Fresches est également l'auteur de :
"Le dictionnaire amoureux de la Chine" - édité chez Plon : une "mine" pour qui s'intéresse à la culture  et à la vie en Chine d'hier et d'aujourd"hui.  Enfin, l'auteur étant entré comme conseiller au ministère de Jacques Chirac, je me suis demandé s' il l'avait accompagné (étant donné ses compétences) lors de son déplacement à Datong ? Cette ville étant proche du site de Qinshi Huang Di.
Citons également d'autres parutions dont certaines, plus généralistes  sont destinées aux plus jeunes.
Telle : Il était une fois La Chine - 4500 ans d'histoire Editions : xoeditions.com

jeudi 27 août 2020

GUAN YU , LIU BEI, ZHANG FEI...... ou SINON : QUI ?

Cette sympathique sculpture m’a été offerte par un proche. Elle nécessite une sérieuse remise en état, et reste cependant pour moi d’un  grand intérêt car elle me permet de relater ici quelques éléments de l’histoire extraordinaire des héros du roman "les trois royaumes", celle de Guan Yu  et…. de ses frères jurés”! 

Une intuition ou une évidence ??????? ! Ma première impression  a été pour Guan Yu, et puis......

Plus j'y réfléchis, plus je pense  qu'il   s'agit  peut être de Liu Bei appelé aussi Xuan De  ? ..et vous, qu’en pensez vous ?

J'ai cherché dans différents documents quels étaient leurs attributs dans les représentations artistiques. Sur une peinture japonaise postée sur wykipédia. on voit Liu Bei déplier une banderole sous les yeux attentifs de Guan Yu et de Zhang fei...... La position du sujet m'y fait penser......

Il se peut aussi qu'il tienne les deux épées au fil tranchant qu'il fit forger en même temps que les armes de ses "frères" avant de partir au combat !

cliquer sur l'image pour l'agrandir. 


Observons  la statue : Le personnage caracole sur un cheval richement harnaché et lancé au galop. L'allure du cheval est rapide......ce qui me fait penser au cheval "lièvre rouge" sauf qu'il n'est pas rouge et le dit cheval n'est pas celui de Liu Bei, mais celui de Lu Bu un autre Heros du roman ! S’agit-t-il de l’un de ces célèbres petits chevaux célestes qui “suent le sang” ?……Le vaillant héros a lâché les brides et  brandit sans doute une bannière, des épées  ou  des  oriflammes…… 


                     

La vitesse est traduite par la position de l'animal mais aussi et surtout par ses naseaux écartés et sa crinière qui s'envole dans le vent
S’il s’agissait de Guan Yu n’aurait il pas en mains sa célèbre hallebarde ? Ce n'est pas le cas : les deux mains brandissent quelque chose séparément.....

Le personnage est confortablement installé sur une selle dont on voit la solide attache ornée d’une tête de lion. Il est vêtu de cuir et  d'une sous ventrière qui lui enserre le bassin. Celle ci est également ornée d’une tête de lion. 

Son casque ressemble mi à une carapace de tortue, mi à une face de lion. et il est couronné d'une perle ou d'un bouton de fleur ou encore d'une pêche ? Cet élément a été réparé mais pas reteint. voyez plutôt :


 

                                                                  Ci dessus, les mêmes  détails de la coiffure sur une illustration : ne dirai-t-on pas une tortue à tête de lion....... ?

Chaussé  de confortables chaussures sous un pantalon bouffant le cavalier monte l'animal fougueux avec aisance, à la manière mongole. Une cape de cuir,  recouvre ses épaules. 


Son visage débonnaire est blanc : la couleur adjugée à Liu Bei dans le théâtre chinois. Si on en croit certains textes, s’agissant de Guan Yu  il devrait être "rouge" de couleur jujube* foncée ! 

Serait ce Liu Bei alors ?

voir ci dessous les masques de :
Liu Bei (en dessus)
Guan Yu et Zhang Fei en dessous et de gauche à droite.

                                               Illustration de couverture des 5 livres du roman "les trois Royaumes" 
                                                                                    édités par Yu Feng

*note : le jujube est une sorte de petit fruit allongé, dont le goût fait penser à la prune, et que l’on trouve en abondance à l’automne dans le Shaanxi - sa peau est d’un beau brun doré,) 

Photo personnelle prise au temple de Jinci (près de Tayuan)  : les paysans vendent leurs jujubes enveloppées dans des filets rouges.

                                                 Ce serait intéressant d’avoir votre point de vue !

(à suivre)


vendredi 7 février 2020

LE VAGABOND DES FLEURS ET AUTRE “FORTUNE”


Etais ce un gentleman ? En tout cas “C’est le plus grand des voleurs !”
“Voleur de thé”, Robert Fortune,  n’est pas “connu” des chinois” !

Ce britannique d’origine écossaise  (de ceux qui étaient  venus installer des comptoirs sur les cotes chinoises pour y vendre l’opium sous prétexte de "libre échange") mènera, au milieu du 19ème siècle,  une expédition rocambolesque dans le but de s’emparer clandestinement d’ arbres à thé  sur le territoire  Chinois ! 
Et le pire, malgré les innombrables dangers encourus, c’est qu’il réussira ! 

Le botaniste entouré de ses serviteurs.
L’homme audacieux réussira à prélever à la barbe de l’Empire du Milieu, des mandarins et des indigènes,  les graines de cette précieuse plante. Il encourrait tout simplement la peine de mort s’il se faisait prendre car l’intérieur du pays était interdit aux étrangers. 
Il le fit pour le compte de la Puissante Compagnie des Indes Orientales qui avait pour objectif de planter ces théiers dans le nord de l’Inde, aux pieds de l’Himalaya, alors dominion britannique.
Le botaniste en profita pour herboriser et envoyer en Europe de nombreuses  espèces végétales inconnues qui  enrichirent  les serres , et les parcs de la Reine Victoria puis celles de l’Europe. 
Ce “vol” du thé -car il faut l’appeler par son nom -  a causé un vif préjudice au peuple Chinois et  a en partie contribué à la chute de l’Empire car le the et la soie étaient alors “l’or de la Chine” !
Inutile de vous dire qu'il ne m'est pas sympathique ! 
Il est évident cependant que si ce n’avait pas été lui, un autre s’en serait chargé, car la manne à ramasser était “juteuse” pour l’empire Britannique et pour les autres pays du Monde. 
Capture d'écran : Video citée plus bas.
. …. j’arrête ici mes explications, car rien ne vaut la lecture de ces deux volumes. Un vrai thriller ! 

Ce  botaniste a sévi dans les provinces du Sud Est et du Sud Ouest de la Chine.

J’ai cependant trouvé fort intéressante cette lecture qui relate les aléas de  l’expédition avec les étapes en bateau et à pied,  en chaise à porteur aussi, les descriptions de paysages, les rencontres diverses qu’il fit avec les autochtones… rencontres plus ou moins surprenantes, voir parfois dangereuses ,  et multiples  découvertes botaniques…… Nulle doute que ce fut une aventure des plus physique !

  Si vous entreprenez cette lecture, je vous conseille vivement d’imprimer  la carte d’époque de ces régions, car tous les noms propres cités dans le texte le sont en cantonnais excepté Shanghai.

Ex : le Zheijang devient  le Che kiang, le Fujian : Fokien, le Guandong : Quantung…..  Taiwan est  encore Formose……et le nom des villes subit les mêmes écarts. Cela aide donc, je puis vous l’affirmer !
Note : Shanghai  est appelée  sur la carte  Shang Hae!
"Thés verts, l thés noirs…. nous dit le botaniste, proviennent des espèces -thea viridis -  et thea viridis bohea - dont la qualité varie selon les sols, la manière dont ils sont traités après la cueillette et surtout l’eau de source utilisée pour les infuser'. Le thé serait donc comme la vigne, sensible au climat et au sol où il est planté.…'

Carte du 19es dont  usa R. Fortune et provenant du net.
cliquer dessus pour l'agrandir.
mes repérages au fil de la lecture  de quelques trajets de R Fortune.
Voir aussi, en vidéo: "Les aventures de Robert Fortune - ou comment le thé fut volé aux chinois -" sur Vimeo

A lire et à garder dans sa bibliotheque : Le the “Joyau de l’empire du Milieu” - Wei Chen. Chez Quimetao. 
Un volume fortement documenté, une mine !.... où il est questions de LuYu, le sage du thé et de tous les thés de Chine…..et bien plus encore ! 
(quelques exemplaires sont encore en vente sur le net)
et si vous ne le trouvez pas : 
Telechargeable ou (et) à lire sur :
abewowil.net
Sous le titre :
en ligne téléchargement Le Thé Joyau de l'Empire du Milieu epub.pdf

Le "sage" du the - representation de Lu Yu. A ne pas confondre
avec Lu You, poète qui n'a pas vécu à la même époque. photo importée du web

samedi 15 décembre 2018

LA POESIE DES SONG ILLUSTRÉE PAR DAI DUNBANG : UN LIVRE À OFFRIR.......

Je vous avais présenté l'an dernier le livre d'un illustrateur contemporain, Li KUNWU dont j'avais vu une exposition en Bourgogne. 
Cette fois ci, il s'agit d'un autre artiste, tout aussi époustouflant : DAI DUNBANG, qui, s'il navigue aussi dans la bande dessinée, nous offre, au travers de ce recueil de poésies,  ses illustrations magnifiques (à l'ancienne) pour accompagner des poèmes de l'époque Song.
 Le titre : 
"Quand mon âme vagabonde en ces temps anciens"


Cliquer sur les images pour les agrandir.

Ceux ci sont proposés  en version  bilingue traduite par BERTRAND GOUJARD, que l'on ne présente plus ! Des notes explicatives, en fin d'ouvrage, vous permettent d'en savoir plus sur la vie des auteurs ou sur le contexte dans lequel l'oeuvre a été créée. 
Illustration d'un poème de Zhu Xi

Voici donc une belle occasion de faire un cadeau de choix à vos amis épris de culture chinoise. 
Edité aux éditions de la Cerise à Bordeaux.
Moi je l'ai trouvé chez Phénix.
Illustration d'un poème de Li Qinzhao
Toutes les poésies sont illustrées....... c'est un exploit ! Il y a tout de même une cinquantaine de poésies et d'illustrations pleine page.
Illustration d'un poème de Yue Fei

La couverture........ 

Note : l'époque Song s'étend de 960 à 1272. Deux Périodes, Song du Nord et Song du sud. Trois capitales successives : Kaifeng- Nankin et Hangzou.

mercredi 15 août 2018

PETIT CASSE TÊTE CHINOIS

Chers visiteurs, 
il se trouve parmi vous des personnes qui pratiquent la calligraphie chinoise, d'autres qui la pratiquent et l'enseignent , d'autres aussi qui écrivent cette langue......
J'ai donc eu l'idée de vous proposer ce petit jeu, suite à des rangements dans ma bibliothèque, où j'ai retrouvé ce matin le magnifique volume photographié ci dessous  :
"Le pavillon des orchidées - l'art de l'écriture en Chine". dont le bandeau de couverture est constitué d'une reproduction du texte célèbre de Wang Xizhi : la Préface au recueil du pavillon des orchidées.*

voici le jeu : (petit conseil : ou vous vous procurez l'original, ou vous faites un tirage sur papier pour jouer !)
au travers de ce document que j'ai du scinder en deux, afin qu'il reste lisible, sauriez vous repérer et décompter les innombrables caractères 之 (zhī) disséminés dans le texte ? 
Bien sure, le Maitre, en pleine phase créative, a varié les tracés, ce qui ne facilite pas les choses, mais n'arrêtera pas les pros !
Pour les autres, et pour vous faciliter les choses, je joins un extrait de dictionnaire calligraphique.....où l'on propose différentes interprétations de ce caractère ..... lesquelles  proviennent de calligraphes divers mais qui ont fait leurs preuves.......

 Le texte dans son entier:


Le texte  se lit de haut en bas et ensuite par colonnes, de droite à gauche...... Bon courage, et n'y perdez pas votre latin !
Partie de droite :
suite : partie de gauche :
Note : vous pouvez cliquer sur les photos pour les agrandir......
Quant à la traduction, il existe diverses versions. Celle que j'ai est de Jacques Pimpaneau, dans son Anthologie de la littérature chinoise classique. Arles, 2004 - p301 à 303.
* SI VOUS VOULEZ LA REFERENCE, DEMANDEZ LA MOI. IL Y A BEAUCOUP D'AUTEURS.......

lundi 18 juin 2018

HUMOUR ENTRE CHINOIS ET FRANÇAIS : ATTENTION, TERRAIN MINÉ !


Je suis perçue, parmi mes amis français, comme étant dotée d’un bonne dose d’humour et d’auto-dérision. et pourtant........

Je me rends compte que cet exercice  est quasiment  impraticable avec certains amis chinois ! Et vice versa !

Récemment, pour tenter de comprendre un "raté", j’ai ressorti mon manuel de Anne Laure Montfret  édité chez Dunod :

et j’ai ouvert  le chapitre HUMOUR !


On nous explique que l’ironie (la notre)  est souvent perçue chez les chinois comme une critique ! Oui, vous avez bien lu ! une critique !
Ce qui équivaut à "perdre la face !
Donc ne cherchez pas à ironiser : vous ne serez pas perçu(e) comme drôle”, ni même comme  “taquin(e)” . L’ironie à la française ne passe pas du tout et votre boutade a de fortes chances d’ être prise pour une  “censure” ! a plus forte raison si vous ne connaissez pas la personne de longue date !
........et , même si vous pensez la connaîtres, ce n’est hélas pas gagné !

Là où, nous français, nous  ne voyons que gentille boutade, “mise en boite”, comme on dit chez nous...... nous risquons de nous embourber.....en face d'un asiatique,  dans un échange particulièrement compliqué, voir même, au pire,  de nous brouiller .

J'ajouterai que nos “amis chinois”,  eux aussi, peuvent nous faire 'perdre la face' assez facilement, en se croyant très drôles,  et sans même s’en rendre compte ! Mais nous avons le tact de ne pas leur faire remarquer......de plus,  n'attendez pas des excuses ! 

J’ai  ainsi subi, l’été dernier, durant le mois d’aout, un  traitement "à la chinoise" (sans doute  "chinoisement " humoristique) qui m’a laissé un très mauvais souvenir !...... cela ressemblait vraiment à du “foutage de gueule !” (excusez la crudité du terme) 
je ne m’étendrais pas dessus..... mais le gout en reste amer !

L’auteure du livre nous dit encore que l’humour chinois s’appuie souvent sur des quiproquos, notamment dans la prononciation identique de certains mots, par rapport à une situation x, provoquant un contresens humoristique...... mais c’est trop long à expliquer ici. Lisez plutôt ce manuel.

Humour  avec vos amis chinois : à utiliser avec parcimonie...... et je n'ai pas abordé la question du rire....... qui est aussi un point "épineux" !

A part ça, restez ZEN ! N’oubliez pas que “la vie est un longue fleuve tranquille !.....
 c’est un bon  antidote !
"

samedi 10 février 2018

VOYAGE A "FILM CITY" AVEC MELVIL POUPAUD


Pour ceux et celles qui ont lu l'avant dernier post, je recommande la lecture de ce livre écrit avec humour par l’acteur principal du film : 
“Le Portrait interdit”.
ou
 “The lady  in the portrait” ‘version anglaise 
  Melvil Poupaud (alias Jean Denis Attiret)
                             C'est un délice d’humour !

C’est le journal, au fil des mois, du tournage vécu par cet acteur  français projeté en Chine dans un univers dont il ne connaissait ni la langue ni les us. 
                  Je vous avoue franchement 
       que j’ai éclaté de rire à plusieurs reprises  !
Alors, si vous êtes bi ou trilingues, (anglais, mandarin et français) ou simplement si vous avez aimé le film, ou encore  visité le pays, ou même rien de tout ça...... je vous engage vivement à le lire.
L’humour est partout présent : dans le texte mais aussi dans les images car ce petit “livre rouge” (remarquez la couverture - ce n’est sans doute pas un hasard)  est largement illustré. Photos du quotidien de l’acteur,notes, citations, documents divers anciens et actuels...... On ne s’ennuie pas une seconde. C’est vrai que c’est encore mieux si on a vu le film, ou voyagé en Chine, car des images reviennent en mémoire, comme par exemple, la cité interdite, si savamment reproduite dans les studios de "Film city", ou le mobilier des pièces “entièrement d’époque” ! Oui,  dans cette fiction, le décor est  meublé d’antiquités véritables.......... nous dit le comédien. Plus : les costumes sont les originaux !.....
Comment ont ils fait pour obtenir tous ces prêts ?
Imaginez le Louvre déplaçant ses merveilles sur un plateau de cinéma !
......Et puis il y a aussi une frontière que l’on ne franchit pas : celle de la scène 42. L'auteur vous explique pourquoi. J’ai aimé cet interdit : cela m’a touchée, je l’avoue - cela m’a touchée et rassurée. Ne pas mettre cette scène afin d'éviter de “ perdre  la face”, comme on dit. Je n’en dis pas plus..... ce serait “déflorer” l’ouvrage.

......Et puis, au long des pages,  il y a la Chine, si particulière, si surprenante. C’est vrai que dans un pays aussi vaste, dont l’administration tentaculaire est fragmentée, la vie au  quotidien  provoque parfois  des péripéties,  bien pires que les nôtres,  aucune comparaison n’est possible !
 A cette lumière,  parfois, la valeur de nos  jugement européens n’est pas du tout en phase...
Cet univers  fascinant est souvent  aux  antipodes de notre quotidien franchouillard ! Encore que.....

Deux questions cependant :
1 - comment le tableau est il revenu à Dôle en France. puisque J D Attiret est mort la bas ?


2- A quand la commercialisation de ce film ?
Le rayonnement du règne de Qian Long (dynastie Qing) fut aussi important pour la Chine que celui de Louis XIV, son contemporain,  le fut pour la France.

Pour ce qui est du cursus du jésuite, vous trouverez tout ce qu'il faut dans les livres et sur le net. Sachez seulement que cet homme  a peint pas moins de 200 portraits à la cour de Qian Long,et que celui ci lui a réservé de grands honneurs posthumes, n'ayant pas pu le faire de son vivant (par modestie de la part du jésuite)
Quant à Fan Bingbing, la merveilleuse actrice Chinoise, elle est tout simplement "divine"...... et je me demande si ce n'est pas suite à un de ses souhaits si la scène 42 n'a pas été tournée ? ? ? ? ? L'acteur invoque la censure...... et si c'était l'actrice qui ait mis cette censure........ cela me plairait bien !


dimanche 7 janvier 2018

LE JUSTICIER DE L'AIGLE MYTHIQUE - ROMAN DE JIN YONG.

Yang Guo, le héros, se tire d'un mauvais pas.......
 3000 pages halletantes......
C’est un roman pour le grand public. Surtout prenez le comme tel, car, comme l’explique l’auteur en fin d’ouvrage, il n’y a pas la volonté de retracer quoi que ce soit d’historique.... 

L’histoire se passe  en grande partie dans les contrées  centrales  de la Chine. Elle se deroule  à l’époque Song. La menace des Mongoles , qui envahissent et occupent le terrain bien decidés à annexer l’empire, est bien presente tout au long de l’histoire. Mais les héros principaux sont surtout des “preux”  chinois. Evidement il y est question d’armée Mongole, de Kubilai, de Xian Yang aussi, mais c’est tout. Même si l’auteur, érudit, et cinéaste, vivant à Hong Kong, nous cite des événements ou des personnages réels, ce n’est que de la fiction. 
Les adeptes d’arts martiaux seront cependant heureux car “ça voltige” à toutes les pages ! .

L'un des 4 tomes....
 Il ne fait pas de doute que l’auteur doit être un adepte des arts martiaux, ou tout au moins un passionné du Kongfu !  Les personnages sont attachants...... une intrigue amoureuse assez "soft", sous tend l'histoire (l'amour de Yang Guo pour son shifu, la Petite Long, mais aucune trace d'érotisme. Le sujet n'est pas là)
Mis à part  tous les combats et écoles diverses qui sont citées voir décrits en action, j'ai découvert dans ce roman des tas d'expressions chinoises "très imagées" ! Je regrette  que l'éditeur  ne les ai pas mises  en caractères chinois ! (comme il l’a si bien fait pour l'édition des six volumes du roman "L'Epopée des trois royaumes". cela eut été intéressant* et  pédagogique Un apport supplementaire pour le passage de  la culture, de la langue et pour la connaissance des "us et coutumes" de l'époque Song.
J'ai du chercher aussi les équivalents métriques des mesures chinoises telles que le zhang1 , le yin1, le  li3 etc......) dont il est question tout au long du roman. c’est une chose indispensable pour comprendre la portée des coups........




Les quatre tomes sont illustrés. 

Une chance pour le lecteur, à l’inverse du roman des trois royaumes, où les protagonistes ont plusieurs noms chacun (ce qui nécessite une certaine  gymnastique cérébrale pour s’y retrouver) ici,  chaque personnage a un à deux noms. En fin de volume, ils sont répertoriés, ce qui peut rendre service, si toutefois on se perd un peu !

*Quelques exemples de ces  termes spécifiquement chinois pris au hasard des pages  :
“Jeune génération’ a appris son origine” : forme de politesse pour désigner Le personnage lui-même.
“dois je rejoindre Tante ou aller tout droit percer le temple de Chong Yang pour invectiver  la secte , comme on ouvre la porte pour regarder la montagne : expression signifiant “aller droit au but”.

“Le vieux ciel a fermé les yeux : signifie “c’est injuste”

“Ses filles qui sont à ses cotés, entendent leur conversation mais ne parviennent à toucher leur crâne”  signifie Ne comprennent rien
Aux éditions You Feng.