lundi 11 juillet 2016

DE J. F. ZYGEL À Francis LALANNE EN PASSANT PAR MAURICE GOYAUD : LE VERBE DANS TOUS SES ÉTATS !

Aujourd'hui je viens vous proposer cette anthologie de la poésie chinoise antique. C’est pour moi une superbe occasion de sortir la culture générale des "chapelles" et de balayer large, en rapprochant toutes les richesses des uns et des autres. Je pense à toutes  les formes de langages disséminés sur notre planète.
J’aime bien la polyvalence, moi. 
Elle favorise les "éclosions" de toutes sortes !


Je ne suis donc pas étonnée de constater que Francis Lalanne -artiste et écrivain- directeur de la collection “Architecture du Verbe”, aux éditions “Belles lettres”, ait fait paraitre cette anthologie de la poésie classique chinoise - en 2014 - dans une imprimerie de Clamecy (58500 - Yonne) - et je l’en remercie.
Dans notre pays, on a bien trop souvent tendance à mettre les gens dans des “cases”. 
Francis Lalanne fait fi des snobs de tous genres. Il aime avant tout la culture dans ce qu'elle a de plus vrai. Il nous a offert sa présence dans la belle émission :  
“La boite à Musique” de Jean François Zighel 
(qui devrait passer à 20 heure 30 ! c’est une honte de la mettre si tard !)
Francis Lalanne chez J F Zyghel.

Puis il nous a amusés en faisant une apparition à la fois comique, et musicale........ à "l’Académie de Fort Boyard", dans un numéro burlesque...... au son du “boyardophone” ! La La !

Parallèlement à ses travaux de musique et de comédie il nous a prouvé que  tous les genres sont bons à prendre et peuvent cohabiter, pourvu qu’ils offrent de la qualité !

Le boyardophone...... 

Mais revenons à cette anthologie poétique. 
Je la conseillerais à ceux  qui cherchent des poèmes chinois  à étudier ou à calligraphier car elle propose  le pinyin et aussi une traduction en français. 
L’auteur, Maurice Goyaud, directeur de recherche au CNRS est mort l’an passé. Il a une approche très personnelle, celle d’un érudit et d’un “amoureux” des langues, particulièrement des langues asiatiques......
Martine Mazaudon sur le site du CNRS, nous dit :
“Ses travaux de linguistique ont commencé par quelques études sur les langages documentaires, et les articulations logiques du discours. Mais très vite, Maurice Coyaud a été repris par son amour de l'Orient où il était né. Ses principaux travaux ont porté sur le chinois – langue pour laquelle il a même été inspecteur d'académie – mais aussi sur le coréen, le japonais, le tagalog, le birman, sur les systèmes d'écriture d'Extrême-Orient dans leur relation à la phonétique. Il s'est aussi attaché à l'étude de petites langues en Nouvelle-Calédonie. Mais les langues l'intéressaient aussi pour les cultures et traditions qu'elles portent.”
 Pour finir :

S’amuser est compatible avec culture. Faire la connaissance des autres par les moyens de l'art permet de faire tomber les peurs ! Soyons donc fous !
Ce livre, j’ai du l’attendre près d’un mois..... il est proposé à différents tarifs sur le net mais une chose est sûre, c’est qu’il mérite qu’on l’attende !

Pour finir, cette citation de Maurice Coyaud :
“Qui veut trop dire ne dit rien. 
A l’inverse, il n’est pas toujours vain de se mettre à l’écoute de ce qui à l’air de ne rien dire”.

dimanche 3 juillet 2016

UNE DECOUVERTE CALLIGRAPHIQUE !

C'est dans la maison d'une amie que j'ai pu admirer cette calligraphie
Son style vigoureux m'a séduite.
En m'approchant, je me suis aperçue qu'il s'agissait d'un poème de Li Bai.
bien sur, rentrée chez moi, j'ai cherché et le voici :
早 發 白帝城 
zǎo fā bái dì chéng

朝辭白帝彩雲間
千里江陵一日還
兩岸猿聲啼不住
輕舟已過萬重山
早 發 白帝城 


 Et voici la traduction donnée par Florence Hue Sterck :
Départ matinal de la ville de Baidi

A l'aube, j'ai quitté Baidi dans les nuages irisés ;
Mille li jusqu'à Jiangling : retour en une seule journée.
Sur les deux rives du fleuve les gibbons crient sans répit ;
Ma barque a déjà franchi des monts de dix mille plis.


Poème de Li Bai ......?????
Si quelqu'un peut lire la signature et a des renseignements sur le calligraphe, cela m'intéresserait d'en savoir un peu plus ......
.....et merci à Martine pour cette rencontre !

mardi 28 juin 2016

PORTRAIT DE L'OISEAU QUI N'EXISTE PAS : MA VERSION

Oeuvre original de Ma di na - copy art et techniques multiples. format 30 cm x 40cm
 Portrait de l’Oiseau Qui n’Existe Pas
Claude Aveline

Voici le portrait de l’oiseau qui n’existe pas.

Ce n’est pas sa faute si le Bon Dieu qui a tout fait, à oublié de le faire.
Il ressemble à beaucoup d’oiseaux, 

parce que les bêtes qui n’existent pas ressemblent à celles qui existent !
Mais celles qui n’existent pas n’ont pas de nom.....
Et voilà pourquoi cet oiseau s’appelle :
l’Oiseau Qui n’Existe Pas.
Et pourquoi il est si triste.
Détail : copy art  réalisé en 2001
Il dort peut être, ou il attend qu’on lui permette d’exister.

Il voudrait savoir s’il peut ouvrir le bec, s’il a des ailes, s’il est capable de plonger dans l’eau sans perdre ses couleurs, comme un vrai oiseau.
Il voudrait s’entendre chanter !


Il voudrait avoir peur de mourir un jour.

Il voudrait faire des petits oiseaux très laids, très vivants.
Le rêve de l'oiseau qui n’existe pas, c’est de ne plus être un rêve.
Personne n’est jamais content.
Et comment voulez vous que le monde puisse aller bien dans ces conditions ? 
Une version que j'ai donnée il y a un certain temps déjà
Je signais alors Isis ! la la !!!!!!!

jeudi 23 juin 2016

PAPAPAPAGENO - PAPAPAPAGENA !

J'ai rencontré Papageno et Papagena au parc botanique de Mûnchen, voyez plutôt !
 PAPAGENO


Pa-Pa-Pa-Pa-Pa-Pa-Papagena !
Pa-Pa-Pa-Pa-Pa-Pa-Papagena !

PAPAGENA


Pa-Pa-Pa-Pa-Pa-Pa-Papageno !
Pa-Pa-Pa-Pa-Pa-Pa-Papageno !

PAPAGENO

Es-tu maintenant bien à moi ?
PAPAGENA


Je suis maintenant bien à toi.

PAPAGENO


Bon, alors sois ma chère petite femme !

PAPAGENA


Bon, alors sois la colombe de mon coeur !


 PAPAGENO, PAPAGENA


Quel bonheur cela va être !


Et si les dieux n'oublient pas

D'offrir des enfants à notre amour,

De gentils petits enfants !

PAPAGENO

D'abord un petit Papageno !
PAPAGENA

Et puis une petite Papagena !
PAPAGENO

Et un autre petit Papageno !
PAPAGENA

Et une autre petite Papagena !
PAPAGENO, PAPAGENA

Papageno, Papagena !
C'est le plus haut des sentiments,
Quand beaucoup, beaucoup,

De Pa-Pa-Papageno

Et de Pa-Pa-Papagena
Seront la bénédictions des parents.



(Papageno et Papagena sortent. )
Comment ne pas penser, devant ces belles porcelaines,  à la flute enchantée et à son célèbre duo !

Traduction  trouvée sur le net : http://www.lacoccinelle.net/279315.html#B4sfezH1ff2asATe.99

Ces grands sujets de porcelaine qui ornent le parc de Numphenburg, sont issus de la manufacture du même nom, créée en 1745 par Maximillien III Joseph de Bavière. Outre ces perroquets, on trouve également d'autres sujets  de grande taille, représentant des personnages. 
La réalisation de ces pièces remarquables est une véritable prouesse technique.

mardi 7 juin 2016

A LA RENCONTRE DE SU SHI, PAR CLAUDE ROY.

Je viens vous proposer un livre de Claude Roy :  poète et sinologue.
Il traite, sous un jour  très personnel, de la  "rencontre " qu'il fit, de la littérature d'un grand lettré chinois de l'époque Song :  
Su Shi. 

Le titre de ce livre, qui n'est pas un roman,  reste bien mystérieux, si l'on n'est pas mis au préalable au  courant. L'auteur  eut l'occasion de  parcourir  les lieux où le lettré avait  vécu.......  ainsi s’est produit pour lui un déclic qu'il a voulu nous faire partager.
La personnalité de Su Shi est attachante et mérite qu'on la découvre. Sa vie ne fut pas, loin s'en faut,  un havre de paix. Ses idées révèlent une grande noblesse de coeur.
Beaucoup de citations dans ce livre, et surtout la perception d’une oeuvre poétique traduite par un poète.... Elle ne vous laissera pas indifférents....
Bien que le printemps soit fini, en voici une  :

 Le Printemps

Après tout ce blanc vient le vert,

Le printemps vient après l’hiver.
Après le grand froid le soleil,

Après la neige vient le nid ,

Après le noir vient le réveil,
L’ histoire n’est jamais finie.

Après tout ce blanc vient le vert,

Le printemps vient après l’hiver,
Et après la pluie le beau temps.



Claude Roy, né à Paris le 29 août 1915 et mort dans cette même ville le 13 décembre 1997 est un poète, journaliste et écrivain français. Wikipédia

lundi 23 mai 2016

PICASSO : LE COMPRENDRE, UN BEL OUTIL.........

Existe-t-il un autre peintre qui, au cours de sa longue vie,  ait subit autant de critiques “aveugles” provenant d’un grand public totalement désemparé devant ses oeuvres..... et pourtant, cet homme opiniâtre, véritable force de la nature, véritable   “torro” de travail,  ne s’est jamais démonté ; il a construit une oeuvre colossale avec une énergie que ni la faim, en ses débuts, ni les détracteurs n’ont jamais  ébranlée !
Pour cet artiste génial, seule son oeuvre compte qui conditionne tout autour de lui.
 Parallèlement, il use ses femmes, je devrais dire “ses muses”,  comme il use ses pinceaux, la toile, les supports divers..... les matériaux qu’il amasse dans ses grandes demeures.
Plus inspiratrices que  compagnes, "Ses Dames",  en voient de toutes les couleurs. Le bonheur, la jalousie, la promiscuité des  concurrentes, elles les ont connues, mais elles ont certainement aussi vécu des moments extra-ordinaires........ 
Je me demande s’il était un bon amant ! 
Quelle qu’en soit la réponse,  comme la Joconde, elles  sont  devenues immortelles sur la toile, dans ses gravures, ses dessins, ses sculptures.....  et dans les medias de l’époque : films et revues !
Fascinant, oui, dérangeant  et  comment !  agressif dans sa peinture, oui..... mais pas toujours...... ! Bon père aussi, mais pour le reste, la vie avec lui devait être ,  un véritable  tourbillon !
Ceci dit, son oeuvre est là, qui a "bousculé" la figuration , telle que  l’art d'alors l'imposait et transformé radicalement  l’esthétique rassurante qu'avaient proposé le  XIXE siècle.  Pour lui, l’art n’a plus besoin d’être “beau” (enfin, ce qu’On pensait être “le beau” à cette époque) l’art parle, explose, tous les moyens sont bons pour l’exprimer, et l’artiste  s’en donne à coeur joie en bousculant tous les codes, mais pas en aveugle. Il est d’une lucidité déconcertante avec, toutefois, par périodes, des références aux autre artistes contemporains  et du passé. Il est capable aussi de douceur.
Picasso, génial dessinateur, ça aurait pu être ça ! mais, heureusement pour nous,  il en a décidé autrement.
Deux portraits réalisés par Picasso - cliché fait pendant l'émission.
A voir ou revoir sur Arte 

ou à acheter en cassette (c'est ce que j'ai fait !)
“Picasso l’inventaire d’une vie” - arte - Musées nationaux.
C’est l’histoire de la formidable  découverte des oeuvres que  Maurice Reims, commissaire-priseur dut estimer à la mort  de l’artiste, lequel n’avait laissé aucun testament. 

Pablo Ruiz Picasso, né à Malaga, Espagne, le 25 octobre 1881 et mort le 8 avril 1973 (à 91 ans) à Mougins, France

mardi 10 mai 2016

月下獨酌 - 李太白 BUVANT SOUS LA LUNE - LI BO

Par ce que j'ai trouvé ce poème antique de Li Bai (VIIIe s) d'une liberté inouïe, je l'ai calligraphié. 
Voici ce qu'il nous raconte  (traduction de Florence Hu Sterk - Poèmes de Li Bai chez You feng) :
"Si le Ciel n’aimait pas le vin,
Il n’y aurait pas d’étoile du vin au ciel.

Si la terre n’aimait pas le vin,
La “Source de vin” n’existerait pas.

Puisque Ciel et Terre aiment le vin,
Aimer le vin est conforme à la volonté du Ciel.

J’ai entendu dire que le vin clair est comme le Saint,
Et le vin trouble, comme le Sage,
Si on a déjà bu et le Saint et le Sage,
A quoi bon chercher l’immortalité ?

Trois coupes de vin, on communique avec le Grand Dao,
Tout un boisseau et on se fond dans la Nature.
se lit à l'horizonal.

Si vous saisissez le sens du vin,
Ne le transmettez pas aux personnes sobres."

La chute est particulièrement "goûteuse" ...... ! 
Je parle ici en bonne bourguignonne, appréciant ce breuvage, sans en abuser toutefois :
L'abus de l'alcool étant vivement déconseillé !
         Tout le monde sait que ce grand poète, comme beaucoup de ses confrères, aimait boire , car cela délie l'esprit des contraintes du quotidien...... rappelez vous  des "joutes poétiques" que célèbre Wang Xizhi et dont il ne nous reste hélas que : "l'introduction au Pavillon des orchidées". Les libations y avaient un rôle important !
Je rassure tout de suite mes visiteurs : je ne m'adonne pas à l'alcool lorsque je calligraphie : je bois du thé ! comme vous sans doute ?
          Un autre poème, portant le même titre semble plus connu des amateurs de poésie Tang. Le contenu est totalement différent : en voilà la traduction que donne Shi Bo dans son livre :
"Les plus beaux Poèmes lyriques de la dynastie des Tang "- Editions Quimétao. (sic)
月下獨酌  - 李太白
Entouré des fleurs devant ma coupe
Je bois dans la solitude
Je lève mon verre vers la lune
Trinquons à nous trois, la lune, mon ombre et moi 
La lune ne descend pas boire
Mon ombre ne sait que me suivre
La lune et mon ombre m’accompagnent pour l’instant
Profitons du printemps pour nous laisser aller à l’allégresse
Lorsque je chante la lune flâne
Quand je danse mon ombre zigzague
Amusons nous ensemble au moment de mon éveil
Avant que l’ivresse ne nous sépare
Promettons nous un amour éternel
Même si les nuages finissent par nous disperser

Lecture verticale de droite à gauche.